Zatoichi et le zen du sabre
Le danger n’est pas dans le sabre, mais dans celui qui le tient !
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Dès lors que l’attention est vampirisée par un sabre (ou une menace quelconque) au détriment de celui qui le tient, la liberté d’action s’évanouit et la vulnérabilité survient.
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Zatoichi, le samouraï aveugle, n’agit qu’à propos : dans la seule fugacité de l’instant où l’action s’impose, rien d’autre n’a d’importance. Avant : l’expression de ses dispositions le rendrait fatalement vulnérable, après : la mort l’aurait déjà frappé !
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Physiquement incapable de voir autant le sabre que celui qui le tient, Zatoichi n’en fait aucun cas. Sa présence vitale est centrée sur la seule chose qui compte : le champ vibratoire du milieu dont il est composante. Aucune intention particulière ne vampirise sa constance dans ce seul immédiat qui compte. Aucune peur ou attente n’interfère entre sa perception et son action. Cela supprime tout facteur de décalage ou de retard, et le rend souverainement libre.
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Au début du film de Takaeshi Kitano, Zatoichi se trouve au creux d’une dune, ce qui raisonnablement apparaît comme un désavantage ! Cette vulnérabilité au regard des voyants, abuse et attire des mécréants en quête d’occasion. La précarité de la proie les gonfle d’orgueil et de suffisance, et désarme bientôt leur vigilance. Oublieux de l’ensemble, ils ne raisonnent plus et se sentent en mesure d’imposer leur volonté à la situation.
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Le poisson qui convoite l’appât est déjà pris
Proverbe chinois
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Alors qu’ils sont saisis par l’appât qu’ils jugent déjà acquis, Zatoichi demeure concentré dans le champ de l’instant. Déjà un premier mécréant se gausse d’être en possession de son sabre. La convoitise et la passion irraisonnée du voleur le déséquilibrent et créent le vide qui appelle l’éclair de la frappe. Le sabre est dans la main de Zaoichi alors que le voleur agonise.
Privilégier une attitude stratégique permet de tirer profit d’un tout sans limite dont on demeure partie prenante, alors qu’un comportement étroitement tactique se saisit d’un avantage localisé sans souci du champ relationnel dans lequel il s’insère. Le premier participe de l’interaction générale quand le second prétend agir et s’imposer de manière autonome, isolée et coupée de l’ensemble.
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