Le voile se déchire
Dans une atmosphère d'optimisme retrouvé, les membres du Comité de Parrainage du Tournoi de la Stratégie échaffaudaienmt gaiement des hypothèses allant toutes dans le même sens, le leur ! Momentanément dépossédée, l'Amérique se sentait revenir en force. La dépouille mortelle de l'amiral Jean de Menerbellec naviguait doucement vers l'Europe. Dans le Boeing de la Singapour Airlines, Wolfgang Lobo, son successeur désigné par la force des choses, devait conclure le Tournoi là où le défunt l'avait programmé : à un degré de latitude nord à l'extrême sud de la Malaisie.
En témoignage de leur fidélité, les experts choisis par l'amiral multipliaient les conférences désormais concentrées sur le territoire même des Etats Unis. Ce qu'il restait de l'American Think Tank Incorporated, l'A.T.T.I., que j'avais présidé quatre années durant, ne semblait plus en mesure de lever le moindre petit doigt pour les contrer. Ma démission passait inaperçue, et dans l'attente de la livraison du Testament du Tournoi de Menerbellec, la tension montait à nouveau.
(...) J'achève de rédiger les dernières lignes de cette malheureuse épopée que mon petit fils frappe à la porte avec insistance. D'âpres négociations m'ont permis de terminer ce récit avant de me consacrer mon temps à découvrir le jeu que son père vient de lui offrir. Il traite de mondialisation, ce qui n'est pas pour me déplaire, et le bambin s'est déjà initié aux règles. Ne pouvant plus attendre, il pénètre d'autorité dans le salon qui me sert de bureau et me fixe droit dans les yeux pour ne pas me laisser le loisir du choix.
- Dis Papy, dans le jeu, tu voudras bien les Américains et moi je serai l'Amiral ?
Plus de dix ans plus tard, il me poursuit encore le diable, j'en aurais presque aimé être à sa place.
Long Island, N.Y., U.S.A. Le 14 Juillet, 2007.
ALLER PLUS LOIN
LE TOURNOI DES DUPES. Roman de Stratégie.



