La perception action
Héritière de la Chine où il n’est pas de forme supérieure d’intelligence que celle qui s’attache à l’interprétation du changement (Jacques Gernet), la dichotomie entre théorie et pratique n’est pas, dans la culture japonaise, posée selon les mêmes termes qu’en Occident.
L’ordre du monde ne découle pas d’un modèle car il est contenu dans le changement lui-même. Le théoriser signifierait s’en démarquer, s’en isoler, et cette coupure en ralentirait la compréhension et par voie de conséquence l’adéquation humaine à celui-ci.
En se mettant à l’école des faits au moyen d’une pratique s’actualisant en permanence, on laisse transparaître l’ordre des choses plutôt que d’imposer des hypothèses, des règles artificielles et extérieures.
Au Japon, on apprend par le corps et c’est le corps qui sait !
Le développement de l’intelligence et de la connaissance intime se mettent à l’école du libre mouvement et de la perception des flux, de la circulation des énergies en œuvre par elles-mêmes. Là est la condition d’un agir non seul mais avec la nature.
Laisser transparaître plus que vouloir s’imposer de l’extérieur à partir d’une volonté autonome et distincte. Dès lors, la connaissance devient plus que savoir : en épousant le mouvement elle est action.
Aller plus loin : Le réveil du samouraï. Culture et stratégie japonaises dans la société de la connaissance (Dunod, 2006).
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La mutation de l’action en connaissance

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