La pensée chinoise, a fortiori dans sa déclinaison stratégique, part du tout pour aborder les parties. Elle s’attache en priorité à développer l’intelligence des situations dans lesquelles les acteurs sont immergés plutôt que d’envisager d’abord leurs points de vue particuliers, leurs supposées forces et faiblesses, atouts et handicaps fixes qui les qualifieraient de manière immuable indépendamment des conditions dans lesquelles ils se trouvent.
Cette approche, que l’on pourrait nommer environnementale, ne considère pas l’individu ou l’organisation comme coupé d’un monde sur lequel il, ou elle, se propose d’agir souverainement, mais comme partie prenante d’un ensemble dont il, ou elle, participe. Dans cette optique, un acteur ne compte plus que sur ses forces propres, distinctes d’un tout face auquel il se pose ou s’impose, mais il les harmonise avec cet ensemble englobant dont il tire profit des évolutions.
Comme, le temps qu’il fait, les acteurs, les situations ou les événements sont tous soumis à des mutations, voire des surprises, d’où l’importance fondamentale pour tout stratège, de sa vie ou de son organisation, de développer une intelligence du changement, ce dernier étant considéré comme la seule constante ! Derrière cette représentation se profile la dialectique du vide et du plein (du yin et du yang), de leur genèse réciproque et de leur transformation dans un mouvement permanent.



