That's the very question for seduction!

That's the very question for seduction!
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Ce livre de stratégie n’est pas un livre de recettes, son ambition est plus grande.
En puisant dans les cultures d’Orient et d’Occident, il a la prétention de stimuler et d’inviter à partager d’autres horizons.
Son désir de séduction trouble le lecteur par des oppositions et des rapprochements où sont conviés aussi bien Jacques Brel que Clausewitz ou Lao Tseu, le jeu de go ou l’aïkido, Baltasar Gracian ou le Gorin-no-sho.
Certes, Sun Tzu et la tradition chinoise y figurent en toute première place, mais aux côtés des française, japonaise, nord-américaine, britannique et de la corrida espagnole.
L’argument central consiste à enrichir les capacités de séduction des managers et plus généralement de toute personne soucieuse de relations dynamiques et harmonieuse dans sa vie professionnelle ou personnelle.
Après le « Comprendre et appliquer Sun Tzu » qui s’appuyait sur le classique des 36 stratagèmes chinois pour s’approprier cette pensée stratégique asiatique, ce dernier livre de Pierre Fayard s’inspire de l’autre grand classique qu’est « L’art de la guerre » de Sun Tzu.
Exception faite des moyens de contrainte, de violence et de destruction, toute la panoplie de la stratégie est applicable en séduction. Mais à l’inverse du conflit, l’autre n’y est pas un adversaire. "Je, n’est rien sans l’autre", constitue la pierre angulaire de la séduction. Un exclusif "moi-je blindé d’agressivité et d’arrogance n’est pas le meilleur vecteur de la confiance et encore moins du succès ! Le besoin de l’autre invite à s’en faire le complice, et l’intelligence voudrait que l’on s’en préoccupe avant soi-même, ne serait-ce que par souci d’efficacité.
La remise en cause des modèles de séduction comme de ceux de la stratégie est une condition essentielle pour s’assurer de la surprise dans l’interaction des volontés qui la caractérise.
La liberté d’esprit en est la condition, et le manageur tout comme le séducteur a tout à gagner à s’émanciper de la dictature de scénarios tout faits et qui le rendent prévisible, ce qui est bien peu stratégique.
Dans ces domaines, rien n’est pire que l’orthodoxie et c’est pour cela que dans l’histoire de l’humanité les petits émergents l’emportent généralement sur les gros installés.
Cette dialectique entre l’insolite et le conventionnel est au cœur de la pensée stratégique issue de Sun Tzu pour qui tout peut servir, y compris la faiblesse, pour l’emporter.
Rédigé à 02:47 dans SEDUCTION | Lien permanent | Commentaires (3) | TrackBack (0)
Raffermir le visible routinier constitue souvent un préalable au succès d’une manœuvre inaccoutumée (ji).
La séduction convenue et prévisible n’emporte l’adhésion que dans des situations faciles et jouées d’avance Sans attrait, elle est promptement éconduite dans les cas où une cible maussade résiste ou refuse à s’engager. La surprise devient dès lors indispensable. Or, elle produit tout son effet par la rupture qu’elle introduit dans les habitudes et conventions du quotidien, comme le ji ne l’emporte qu’en s’articulant au zheng qu’il complète et qui lui donne sa possibilité.
Sun Tzu et Lao Tseu recommandent de renforcer d’abord qui l’on veut abattre afin que celui-ci s’abuse de sa seule force orthodoxe (zheng) et prête flanc à des opérations insolites (ji). Dans une démarche rusée de séduction, être sans forme précise et arrêtée rend insaisissable, ce qui en outre peut aiguiser le désir chez l’autre. L’absence se révèle parfois plus attractive qu’une débauche d’arguments explicites (zheng), encore que l’idéal consiste à combiner les deux registres. Moins l’on voit venir l’offensive, moins le champ se couvre d’interdictions et d’obstacles nuisibles à l’entreprise de charme.
« L’art de la guerre est un véritable caméléon »[1], où faire prendre des vessies pour des lanternes est parfois plus concluant que disposer d’armements contondants.
L’essentiel est de ne jamais se laisser emprisonner l’esprit par ce qui est abusivement donné comme sûr et certain. Que diable décider contre une fluidité floue qui ne se laisse saisir par aucun raisonnement, entendement ou prévision, et qui n’admet pour elle que des marges de manœuvre sans limites[2] ? « Être sans forme » ne signifie pas seulement ne manifester ni intentions, ni dispositions qui rendraient calculable ou probable son propre comportement ou tromperaient à dessein. Parce qu’une forme n’existe que par son opposé qui lui donne naissance et consistance, Sun Bin soutient que chacune peut être contrée par son inverse complémentaire. L’immobilité annule l’impétuosité, l’organisation ruine le désordre et la préparation contre la négligence. Parce que ces couples de contraires se définissent les uns les autres, ils sont unis par une relation de dépendance mutuelle, et celui qui en a l’intelligence se dote d’un substantiel avantage pour adapter sa stratégie.
Déjouer des expectatives contraignantes suppose liberté d’esprit et disponibilité à toute opportunité.
On se rassure en vain et on s’illusionne à ne penser qu’en termes d’accumulation d’arguments et d’atouts offensifs pour convaincre ou séduire, en négligeant l’aubaine de la surprise inopinée. Pour autant, ne jouer que dans l’ombre (ji) désappointe par manque d’explicite une Vénus qui ne saurait à quoi s’en tenir, car en ne livrant aucune indication formelle, un séducteur inconséquent se voit taxé de fiabilité douteuse. Le bon usage du couple zheng et ji suppose que l’un aille avec l’autre dans toute opération.
Face à des résistances solides et établies, le séducteur suntzien donne le change par des apparences débiles pour prendre ensuite à revers là où il n’est pas attendu. À la fermeté de sa cible, il oppose le simulacre, puis l’engage sur son côté secrètement sensible en arguant de toute son authenticité. En véritable Casanova, il est comme un miroir qui ne s’oblige à aucun reflet tout en restant disponible pour tous. Dès lors, comment contrer ce qui semble sans volonté particulière ?
Extraits du Chapitre V, « Etre sans forme » in Sun Tzu. Stratégie et séduction.
[1] C. von Clausewitz, De la guerre.
[2] Voir le stratagème n° 32 : Montrer la ville vide à son ennemi / La déception paradoxale.
Rédigé à 18:44 dans SEDUCTION | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
À l’instar du jeu emblématique d’Asie, la séduction à
la chinoise procède par construction graduelle alors que son équivalent en
Occident tend spontanément à une conversion plus brutale à sa cause.
La séduction inspirée du jeu de go procède de manière stratégique, soit du lointain vers le proche. Elle ne cherche pas d’emblée à s’assurer d’enjeux et de points clefs visibles et coûteux autant à saisir qu’à défendre. En évitant la proximité immédiate, elle se donne du champ pour avancer posément. Au contraire, le mode inspiré du jeu d’échecs est massif et contondant pour l’emporter comme on se saisit d’une place par le biais d’un assaut pour y planter son drapeau. Econome, le joueur de go mise sur un travail persévérant et modulable de construction et de sape où le fruit tombe par maturité ou bien par lassitude.
Aux échecs, l’erreur tactique peut être fatale lorsqu’elle entraîne, même contre toute attente, un échec et mat, alors que l’on se permet de perdre localement au go dès lors que l’on domine stratégiquement, soit dans le global. Le go-séducteur ne se focalise pas exclusivement sur l’objet de ses désirs, il joue son environnement et ce qui l’influence et le contraint à terme. Il ne cherche pas tant à réduire les obstacles qu’à orienter l’existant dans un sens qui l’arrange. Le maître de go n’empêche pas l’autre de se construire des territoires, il veille seulement à ce que ceux-ci restent, fût-ce d’une seule intersection, inférieurs aux siens. Il ne joue pas contre l’autre, comme son homologue aux échecs, mais avec lui en le subvertissant tout en maintenant l’emprise sur le dispositif d’ensemble.
Lorsque Sun Tzu exhorte à frapper la faiblesse en remplissant les creux et à éviter la force en fuyant les hauteurs, il ne fait qu’énoncer un principe de go qui répugne à l’opposition, en ce qu’elle gâche un potentiel plus rentable à jouer dans l’édification de bases assurées de futur.
Peu visible dans son processus, la séduction rusée procède avec l’autre à partir de ce qu’il est, désire et de ce vers quoi il tend. A l’inverse, la séduction contre, ou à l’emporte-pièce, survalorise le je, pour ne pas dire l’ego, du tombeur qui a besoin d’un élan pour fondre sur sa proie, d’un vide favorable à la montée en puissance, puis au déroulement de sa charge. Le go-séducteur quant à lui, toujours soucieux d’économie, travaille patiemment et chaque pierre savamment posée renforce un étau progressif. Il tisse et noue des liens distants où le coût d’investissement, minime, n’éveille ni crainte ni précaution. Pour saisir, il encercle en subvertissant les marges de manœuvre et les degrés de liberté de sa cible. Le go cueille l’autre sans le détruire en l’empêchant par la rupture de ses connexions à l’ensemble, de vivre autrement et ailleurs que dans le système du stratège qui l’emporte.
Les ardeurs trop appuyées
retardent parfois plus qu’elles ne rapprochent de
l’échéance souhaitée, du fait des obstacles ou des reculs qu’elles
suscitent. La lenteur, au contraire, laisse la possibilité de saisir un imprévu
porteur, une disposition soudaine, une invite fortuite ou de négocier un
tournant capital soudain. Il est plus astucieux et économique d’être invité à
l’invasion que de s’y inviter soi-même.
Extraits Chapitre IV, "Se rendre invincible" in Sun Tzu. Stratégie & séduction.
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L’essentiel est invisible pour les yeux
Antoine de Saint-Exupéry
Ce film culte de Wong Kai-Wai, dont le scénario se passe à Hong Kong, toujours colonie britannique en 1962 mais en proie à des manifestations fomentées par la Chine communiste, est fait de coïncidences et d’émergences. Chow Mo-wan, interprété par Tony Leung, journaliste dont l’épouse est réceptionniste dans un hôtel, emménage le même jour que Su Lizhen, jouée par Maggie Cheung, secrétaire dans l’entreprise de transport de Monsieur Koo, et dont le mari est en incessant voyage d’affaire. L’un et l’autre sont là tout en ayant un lien avec un ailleurs qu’on ne voit pas. Une musique suavement lancinante, nostalgique et romantique, pour ne pas dire un peu guimauve, accompagne comme une berceuse, les mouvements lents du quotidien. Tout change sans bouger, chaque plan découvre une nouvelle robe au tissu vintage de Maggie Cheung, et les mots prononcés par les deux protagonistes centraux sont presque aussi rares que dans un film d’Igmar Bergmann.
Outre la mélodie lancinante qui est la varitable griffe du film, les paroles des chansons traditionnelles caraïbes interprétées par Nat King Cole tressent des perhaps, perhaps, perhaps avec des quizas, quizas, quizas comme la véritable trame d’un récit perpétuellement suspendu et indécis quant à son devenir. Tony Leung parle par cigarettes interposées, la tête penchée, absorbé dans le tourment taciturne de ses pensées, Maggie Cheung à travers la verticalité diserte de ses robes qu’accompagne le babillage rythmique des bidons de soupes qu’elle transporte de la rue à sa petite carrée de chambre contiguë de celle de Tony. Juxtaposés dans le silence, ils se rencontrent une fois à cause d’un parapluie, peut être une autre, ils évoquent et s’évoquent sans jamais rien conclure et pourtant.
Tout est caché, tout est couvert, tout est enfoui, casi no pasa nada. Pas de grandiloquence propre au cinéma italien, ou de réduction radicale à l’explicite du mainstream hollywoodien où si l’on ne sait se régler sur l’émotion indiquée tant elle est évidente, c’est qu’on est vraiment autiste ou insensible à la bande son qui en précise à l’avance la fréquence. C’est pourtant dans ce "silence qui sonne" peuplé de vide apparent que se noue puis émerge une relation pratiquement jamais dite, mais dont la subtilité subjugue les aficionados de cette révélation cinématographique. Des faits insensibles et muets balisent l’histoire qui se déroule dans l’ambiance nonchalante des pluies tropicales qui inondent le ciel et l’asphalte de Hong Kong.
Entre le début et la fin, rien n’a vraiment changé au niveau matériel, si ce n’est un voyage qui n’en est presque pas un tant l’essentiel est invisible pour les yeux. L’un et l’autre s’apprivoisent par mutisme interposé, insensiblement en coïncidant dans l'espace, et en se tressant de l’intérieur des liens sur le go-ban d’une passion d’autant plus extrême que presque rien n’affleure ou ne perce dans leurs comportements. Sur l’une des affiches, les regards empruntent des directions distinctes, rien à voir avec des amants se jurant des respectivement je t’aime, les yeux plongés dans le miroir de leurs âmes. Le titre original du film Le temps des fleurs, renvoie aux éclosions du printemps, car c’est bien de cela qu’il s’agit. Sur les branches de deux solitudes juxtaposées, de minuscules boutons se forment, se grandissent et se froissent dans une ambiance musicale saturée d’humidité à en faire loupe entre les épidermes qui n’imaginent pas un instant se toucher. Les pétales timides se déploient à distance avec la lenteur d’une sismique intérieure. La nudité des fleurs écloses est si vive que les visages se neutralisent d’autant sous le bouillonnement torride du transport qui les porte. Insensible aux orgasmes du ciel qui se déversent, la relation s’exacerbe dans la tension contraire de retenues croissantes à mesure que l’abandon intérieur est total.
A SUIVRE
2. La séduction émergente (prochainement sur ce site).
ALLER PLUS LOIN :
SUN TZU. STRATEGIE ET SEDUCTION. Chapitre 3, Agir de l'intérieur / Séduire par l'émergence.
Rédigé à 17:48 dans SEDUCTION | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)
Tags Technorati: stratégie, Séduction
Me Tarzan, You Jane, cette expression emblématique du film de W.S. Van Dyke, Tarzan l’homme singe, met en scène la première relation d’un homme sauvage, interprété par Johnny Weissmuller, avec la première femelle de son espèce, incarnée à l’écran par Maureen O’Sullivan. A l’occasion de cette rencontre, Tarzan apprend à se nommer lui-même et à s’adresser à quelqu’un d’autre qu’un animal de la jungle.
Me Tarzan, You Jane retrace un constat biologique et émotionnel qui désigne les composantes essentielles de l’acte vital qui perpétue l’espèce, à savoir un mâle et une femelle. L’expression pourrait tout aussi s’énoncer sous la forme rudimentaire d’un Moi protubérance, toi dépression, sur un mode scientifique Moi graine, toi matrice, ou encore sur le registre de l’impératif catégorique cher à Emmanuel Kant Moi vouloir toi ! Explicite et sans détour, cette proposition à prétention immédiate dans ses effets, ne laisse ni espace ni temps à la manœuvre ou à une succession de phases permettant quelques adaptations ou transformations progressives. Elle se joue en une étape unique, avec naturel et spontanéité, à un tel point que l’on pourrait s’interroger sur l’existence même d’alternatives.
Dès lors que Moi Tarzan et toi Jane, la cause est entendue, la déclaration vaut relation et la discussion n’a pas lieu d’être. L’interaction est réduite à sa mécanique la plus simple, la figure est sans dilemme véritable, l’échec n’est pas même envisagé, nul besoin de plaider, de démontrer ou encore d’argumenter. Si Jane s’aventurait à avancer qu’il n’y a pas qu’un Tarzan, que la culture et la société sont plus complexes et nuancées que la biologie élémentaire, et que les spécificités de son désir à elle auraient quelque légitimité, l’homme singe, béat et bêta, ne comprendrait le pourquoi du refoulement inadmissible de sa pulsion légitime. Il ne lui resterait plus qu’à mettre en œuvre ce que la nature commande. Même joué par un Johny Weissmuller, la coupe impeccable, rasé de prêt et fort élégant dans son pagne qui lui sied les merveilles, Tarzan le roi des lianes, n’est guère féru en culture et raffinement relationnel.
Cette modalité directe qui passe et c’est bref, ou qui casse et c’est tant pis pour l’autre, est sans plan B ou scénario de repêchage. L’enjeu se hisse d’emblée au sommet de l’enchère comme au poker où l’adversaire qui ne sait suivre ne peut que se… coucher. Et si Maureen O’Hara émet le vœu incongru de retourner dans le trou du tronc d’où Tarzan l’a extraite, il l’en retire illico en lui rappelant ce à quoi ils ne peuvent se soustraire dès lors que Elle Jane et lui Tarzan donc…
L’implication de l’homme singe est sans économie, et ne se pose pas le moins du monde la question de la liberté de Jane et de ses inclinaisons spécifiques. Tout à son désir et à sa découverte, il ne connait que le chemin incontestable que lui dicte la survie de l’espèce ! En termes clausewitziens, cette montée aux extrêmes vers une décision rapide et sans appel, suppose de rendre l’autre incapable de se défendre ou d’imaginer, et encore moins mettre en œuvre un scénario alternatif.
If... donc then...
Pourquoi faire compliqué quand la voie est rectiligne et l'évidence flagrante ? La culture stratégique nord-américaine, directe par excellence, s’y retrouve en making a long story short. La messe est dite et la consommation doit suivre aussitôt afin de pouvoir passer à autre chose même s’il s’agit d’une autre histoire courte. Tarzan filera alors de liane en liane en poussant son cri d’hominien dominant, alors que Jane sera à la vaisselle et à la propreté de la case avant de donner naissance à la petite famille.
Cette logique de l’implication et du prompt usage des moyens est tout aussi explicite que l’illustrait Marcel Gotlib croquant sans équivoque le pagne à l’horizontal d’un Tarzan l’œil allumé et signalant d’un doigt un processus sous-jacent à une Jane réceptive et tortillée comme Eve autour de l’arbre de la connaissance du bien et du mâle. Ce scénario est pourtant périlleux car l’éconduite y est définitive, que resterait-il à Tarzan comme argument si Jane le raillait en lui déclarant désirer se faire nommer ailleurs ? Johnny Weissmuller mettrait un terme brutal à cette pseudo-séduction et se saisirait-il séance tenante de la femelle pour accomplir ce que son ADN commande. Au nom de la nature, ferait-il fi des circonvolutions et embrouillaminis complexes et alambiqués de la culture.
Cette injonction concise est le choix préféré des managers et des commerciaux pressés au point de déconsidérer l’agent, ou le client, qui n’obtempère et n’adhère pas avec la célérité souhaitée. Traduite en termes informatiques, sa déclinaison s’énonce sous la forme d’un if… then, ou d’un si… donc. Dès lors que les conditions sont remplies, l’enchainement suit ou alors c’est qu’il y a un bug dans le soft ou que des composants défaillent. Moi chef, toi subordonné donc exécution, moi vendeur, toi client donc achat, sont une déclinaison du Moi Tarzan, toi Jane.
On retrouve cette approche contondante et à l’emporte pièce, dans les places touristiques populeuses où les pousses au crime de la vente ne reconnaissent aucune liberté d’action au chaland. La légitimité d’un autre choix, ou d’un comportement qui ne s’inscrit pas dans le projet du bonimenteur est déqualifié, déclassé et déconsidéré, et c’est tout juste s’il ne conduit pas à la violence d’un alors pourquoi t’es là ? Qui n’achète pas, n’a rien compris au film, d’à qui il a à faire, de ce qui se doit et se pratique à l’endroit où il se trouve, ou bien encore de l’opportunité exceptionnelle qui lui est offerte, presque par charité, chrétienne éventuellement. Il s’est gouré de scénario alors que le marchand magnanime lui indique la voie du salut par l’achat et lui souffle, généreusement, son rôle.
Les adeptes du Moi Tarzan, toi Jane, sont dangereux car potentiellement emportés en toute bonne conscience. Dès lors qu’ils n’arrivent pas à leurs fins, ils se sentent niés dans ce qui fait leur masculinité, ou, dans le cas inverse du Moi Jane, toi Tarzan, de leur féminité.
Pour éviter de se retrouver enfermé dans un tel dilemme, il convient d’éviter comme la peste de se retrouver ainsi isolé au sortir du trou d’un arbre, sur la même branche que Tarzan qui, dans sa candeur primitive, domine la situation de la tête, des épaules et d’ailleurs. Face à cela, la sécurité est dans la distance, mais parfois, le hasard faisant très mal les choses, il est trop tard, Tarzan est là dans sa frustre rusticité, ou Jane l’œil lubrique et le désir explicite a fermé toutes les issues de secours, et il ne reste plus qu’à obtempérer !
Pour que Tarzan arrive très fort au point d’impact là où se joue la décision, la logistique fait confluer au plus près de la cible les moyens nécessaires mobilisés et concentrés ici et maintenant et pas ailleurs ni plus tard, en supprimant les itinéraires de fuite ou de replis. L’approche body buildé, tatouage et lunettes noires sur les plages, procède de ce registre sans égard pour ce qui pourrait avoir l’ombre d’une humeur en face.
Et ma psychologie à moi des Janes ou des clients, les Tarzans à casquette vissée et pantalons qui tombent n’en ont cure, pas plus que les homo-armanien en Ray Ban et Rolex. Le focus est dans le muscle du moi, le statut ou la carte de crédit, et le belliqueux sans autre considération que sa nécessité à lui, n’estime pas même nécessaire d’apprécier ou de discourir tant l’évidence, la sienne s’entend, s’impose et que le monde est bien fait, de son point de vue exclusif bien entendu, car il s’agit d’une règle de l’espèce, du commerce ou du management.
Concentration des moyens, simplification des partitions et des fonctions, choc, logistique et cinétique, nous avons là les caractéristiques d’une excellence stratégique d’inspiration nord-américaine, right to the point, directamente al grano, y punto! Tu tombes baby, c’est pas moi qui le dit car c’est écrit dans le script suprême du monde tel qu’il est !
A SUIVRE :
Le contre stratégique (prochainement sur ce site).
EN SAVOIR PLUS :
SUN TZU. STRATEGIE ET SEDUCTION. Chapitre 5 / Etre sans forme. Chapitre 6 / Etre mouvant et insaisissable comme l'eau. Chapitre 7 / Epouser le relief des situations.
Rédigé à 17:29 dans SEDUCTION | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Tags Technorati: coaching, Moi Tarzan toi Jane, séduction
Qui excelle à vaincre l'ennemi, ne l'affronte jamais.
Qui excelle à employer autrui, se met plus bas que lui.
Lao Tseu
Le séducteur a tout avantage à ne pas se considérer comme séparé de sa "cible", celle-ci étant considérée exclusivement réceptive, et lui supposé seul actif. Comme les qualités du yin et du yang se donnent mutuellement naissance, la faiblesse, l’hésitation, l’incertitude et jusqu’au doute peuvent se transformer en éléments favorables, ou d’appel à la résolution ou à la conviction du partenaire s’ils interviennent à propos.
Sun Tzu préconise de penser en changement plutôt qu’en rapports fixes de propriétés immuables. Il conseille d’offrir un bénéfice facile à un ennemi cupide, une occasion sans effort au paresseux, de flatter ou de défier le courageux… pour les manipuler sans qu’ils en soient conscients. La plus grande des économies revient à faire en sorte que l’autre se séduise lui-même à travers le miroir ou l’écho qu’on lui présente. Il saura suggérer les meilleures voies, et les formules les plus adaptées qu’il suffira de cultiver et faire fructifier ensuite.
L’empathie favorise l’expression des inclinations, des penchants et des besoins, il est un dicton chinois qui recommande de parler non tant pour dire quelque chose que pour inciter l’autre à le faire. En se réglant sur ses espoirs et ses dispositions déclarés ou cachés, son potentiel d’action et son sens de la décision sont pris à leur propre piège. L’usage des arguments de qui l’on veut séduire est une astuce redoutable, qui l’implique dans l’opération, plutôt que de le considérer comme une cible étrangère et lointaine à l’assaut de laquelle on doive se lancer de ses seules forces !
En stratégie, le principe de l’économie des moyens consiste à en optimiser l’usage en les faisant concourir de manière dynamique aux buts poursuivis par le biais d’une excellence dans les communications qui, ″largement entendues, sont l’élément le plus important de la stratégie″[1]. Napoléon Bonaparte estimait une armée réunie lorsqu’elle forme un ensemble dont les parties, coordonnées entre elles, sont capables de se concentrer malgré l’ennemi, ce qui suppose de ″toujours veiller à la coopération de toutes les forces″ afin ″qu’aucune fraction ne reste inactive″[2].
Pour illustrer ce principe, le Maréchal Ferdinand Foch donnait en exemple le perroquet dont les progressions alternent deux à deux les points d’appui que constituent ses pattes et son bec. ″Il recouvre l’art de peser successivement sur les résistances que l’on rencontre du poids de toutes ses forces et pour ce faire les monter en système (…) Affecter le gros de ses forces au but principal (…) et le faire communiquer avec les accessoires″. A cette représentation occidentale du conflit, la Chine en oppose une sans l’impératif absolu d’une ligne de front, soit où tout peut contribuer aux finalités d’un stratège habile et rusé.
ALLER PLUS LOIN
SUN TZU. STRATEGIE & SEDUCTION
Chapitre 2, Manoeuvrer par le déséquilibre.
Rédigé à 17:13 dans SEDUCTION | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Art de la guerre et séduction font-ils bon ménage ? Oui, si ce n'est que la seconde se refuse à user de violence. En prônant la victoire en visant l'esprit adverse et en s'adaptant aux circonstances, Sun Tzu nous incite à une séduction entendue comme une stratégie relationnelle.
Reprenant les 13 chapitres du traité chinois, Pierre Fayard en propose un commentaire et ouvre la voie à des pistes de réflexion insolites. Il en tire des clefs originales pour séduire dans l'entreprise comme dans la sphère privée. Les conseils adressés hier au général pour faire tomber l'armée adverse se transforment en autant de subtiles manoeuvres à l'intention de qui veut séduire aujourd'hui avec économie et élégance.
La séduction est une préoccupation universelle et ses modalités sont infinies. Ce livre rend compte de cette diversité à travers des exemples multicuturels issus du jeu de go, de l'aïkido ou de la tauromachie. Il intéressera les politiques, les managers, et plus généralement toute personne soucieuse de relations dynamiques et harmonieuses dans sa vie professionnelle ou personnelle.
SORTIE LE 7 OCTOBRE 2009 !
Après le "Comprendre et appliquer Sun Tzu. La pensée stratégique chinoise : une sagesse en action", fondé sur le commentaire du classique chinois des Trente-six stratagèmes, ce livre reprend le texte même de "L'art de la guerre" de Sun Tzu qu'il met en perpective avec d'autres traditions stratégiques et plus particiculièrement la séduction dont les modalités opérationnelles diffèrent selon les cultures.
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Attaquez en pleine lumière, mais soyez vainqueur en secret
Sun Tzu
Séduire implique l’autre comme complice d’un drame qui révèle notre relation essentielle, pour ne pas dire, au tout qui nous englobe dans le temps et dans l’espace et qui donne sens à notre existence. Séduire est un retour de l’être dans le grand concert dont il participe mais qu’il néglige souvent par ignorance, parfois par prétention. Séduire éveille l’intuition de cette appartenance qui débouche sur une dynamique relationnelle sous-tendue d’harmonie.
Le sentiment de solitude, déficit de conscience, isole artificiellement l’individu qui se pense seul au monde. L’entreprise qui oublie son marché néglige sa raison d’être et se met dans le plus grand des dangers. Si le marché est autant créé par elle qu’elle l’est par le marché, leur convergence dynamique comme composantes d’un tout est plus essentielle que les seuls choix stratégiques de l’entreprise. Ainsi en va-t-il aussi de la séduction interpersonnelle où les partenaires sont acteurs et non sujet et objet.
En dehors de la relation il n’est de stratégie ! La start up innovante qui émerge de la nada, suscite le marché émergeant qu’elle structure tout en se faisant façonner par lui en réponse. Le sens nait de l’ensemble qui pulse de l’interaction des parties. Sans la femme, l’homme n’existe pas et vis versa, mais ce n’est pas pour autant que n’importe quelle femme rencontre n’importe quel homme ou l’inverse. Ces simples évidences sont utiles à rappeler lorsque l’on se propose d’aborder la séduction, activité stratégique s’il en est, qui diffère de la guerre en ce qu’elle se refuse à l’usage de la force et de la contrainte.
L’approche par le tout et par la relation, débouche sur des possibles insoupçonnés qui réconcilient l’acteur avec le monde qui l’entoure, dont il résulte et auquel il collabore. La séduction s’applique dans un nombre incalculable d’activités interindividuelles ou collectives. A l’image des neuf dixièmes invisibles de l’iceberg, elle joue sur des ressorts majoritairement silencieux alors que l’on s’abuse du petit dixième de glace à qui l’on accorde le seul statut de réalité parce qu’il est émergé et préhensible.
Pour aller plus loin :
Le Sun Tzu de la séduction, Pierre Fayard, Dunod, Paris, Sept. 2009.
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