Le séducteur suntzien développe son savoir-faire sous la ligne de flotaison du champ de la rencontre selon une modalité autrement décisive que celle des apparences. Plus fondamentale que la force, l'intelligence reconfigure les contingences de l'intérieur en laissant les orientations surgirent d'elles-mêmes sans le laisser paraitre pour ne pas prêter flanc au contre.
Le torero joue sur l'inversion du leurre, la muleta, et du réel, soit sa densité physique d'homme immobile qui assure le templedu fauve-objet de ses désirs. Le jeu de l'homme englobe celui du taureau dont la charge réalise la volonté de supprimer l'obstacle. La relation entre eux n'est pas modifiée de manière brutale, mais à travers le potentiel et les bifurcations possibles que celle-ci porte en elle.
Sur le fil du présent, le matador développe la veronica qui danse presque enlacée entre les cornes de l'animal qui, une fois lancé, ne maitrise plus le court de son élan. Privé de liberté d'action, la bête, soumise à sa propre fougue, n'a de prise sur aucune jonction alernative de devenir.
Connaissance et stratégie deviennent indissociables, mais pour connaitre, le torero s'implique. En risquant son existence dans l'instant qui fait de lui un mort ou un vivant, il n'a pas le loisir de l'analyse posée et de l'observation distante. Comme le samouraï dans le combat, s'il n'est pas prêt, soit totalement dans le présent et ne se dévoue pas, il n'est déjà plus là pour en faire le constat.
Sun Tzu. Stratégie et séduction, pp. 60 & 61.



