Tout le monde peut être séduit, il suffit de le vouloir et que l’autre y consente. Tout est dit ou presque, et le reste en dépend. Pour séduire, il faut y mettre le prix mais il n’est pas forcément sonnant et trébuchant, modèle peu élégant. Cela peut consister à se modifier soi-même pour entrer en adéquation avec les désirs de l’autre, qu’il les connaisse ou les ignore. S’il les ignore, il faut les révéler et les faire exister pas forcément d’une manière explicite qui pourrait effrayer mais dans une complicité tacite et non dite dont on travaille l’intensité à couvre feu.
A part le même et l’autre, si la panoplie constitutive de la séduction n’est pas immense, il n’en est rien de l’étendue de sa combinatoire réellement sans limites. Dans la relation entre les protagonistes, qui chacun dévoile et cache simultanément, la distance et le temps ouvrent des marges de manœuvre tactiques et stratégiques. Toutes les variations qui s’y déroulent ont un impact transformateur sur les parties prenantes. La séduction est œuvre de transformation, alchimie brutale en cas de coup de foudre ou bain marie du feu doux et à long terme. Mais le terrain central, celui de la décision reste au niveau de la réception, de celle ou de celui que l’on désire séduire. Là est le vrai point de départ de la séduction, le reste est expression.
Sun Tzu. Stratégie et séduction, Dunod 2009.




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