36 Stratagèmes de sagesse en action, n° 4
Concentration sur la montagne, dispersion dans la plaine.
Le stratège attire l’ennemi, il ne se fait pas attirer par lui, Sun Tzu.
Remplir sa bourse. Transvaser.
Contre une force offensive qui cherche l'affrontement, se rendre inaccessible épuise l'adversaire plus sûrement qu'accepter son jeu dans une confrontation désirée de sa part. Sans point d'appui pour appliquer sa rage, l'autre soit se disperse en gesticulations, soit il retourne son agressivité contre lui même, ou bien se livre à des exagérations ce qui peuvent le conduire contre son gré à des maladresses à l'encontre de tiers.
Face à un ennemi qui se disperse ainsi en pure perte, le stratège avisé préserve ses moyens, il se concentre en toute sécurité pour que le différentiel se retourne à terme en sa faveur. Cela suppose une capacité à se rendre inaccessible et à demeurer insensible aux provocations. Cette attitude s'étaye sur une vision large et stratégique qui ne se limite pas à l'instant présent, et évite de se laisser attirer puis embourber dans une dimension tactique et immédiate.
Il est favorable de temporiser et de rassembler ses forces à couvert si on ne peut l’emporter d’emblée et de manière durable. Un tel retrait sur la montagne, quelqu'en soit la nature, est la meilleure option devant un opposant au faîte de sa concentration et qui veut en découdre absolument.
Dès lors que la sécurité du non-engagement est assurée, le stratège travaille à l'inversion du rapport des forces. Le temps qui passe fait tourner le cycle des transformations qui veut qu’au maximum d'une mobilisation corresponde aussi le germe de son affaiblissement. En comptant sur la durée, celui qui ne dispose pas de la supériorité du nombre, privilégie souplesse et adaptabilité pour que rien de décisif puisse se jouer dans l'immédiat.
Et, à l'instar de Cyrano de Bergerac dans la tirade du nez, "à la fin de l'envoi, il touche !"