D’abord je m’engage, ensuite je vois
Napoléon
Enfin le monde est arrêté ! Nous connaissons parfaitement les origines, l’environnement, les acteurs, les tendances, et nous pouvons dès à présent définir une stratégie au service de nos objectifs – tout en interdisant au monde de changer avant que nous n’ayons abouti. Surtout, prohibition de penser, de sentir et de remettre en cause de ce qui a été dit. Chacun à ses œillères, la cécité pour tous et les oreilles bouchées… et si le sol se dérobe protestons d'ensemble contre un comportement inacceptable des autres ou du marché !
Cette manière linéaire et déphasée de penser suppose une représentation finie de la réalité à partir du seul connu et reconnu, de ce qui est retenu d’un passé filtré et trié en fonction de nos propres limitations, ou de nos prétentions. Animés, pour ne pas dire emprisonnés, dans de telles restrictions, comment espérer faire de l’intelligence, être créatif, capable de saisir et d’épouser l’inattendu d’un monde riche, varié, diversifié et pour partie imprévisible ?
Ainsi se perdent des tombereaux d’opportunités autant en séduction qu’en affaires parce que l’on s’efforce avant tout d’appliquer plutôt que de s’impliquer, mus par l’ambition démoniaque d’adapter le monde à nos besoins tactiquement restreints au lieu d’embrasser ou de s'adpater stratégiquement aux bifurcations qui se présentent et aux possibles révélés aussi par intuition. Le manque de confiance et l’obsession de maitrise enchainent l’imagination et stérilisent l’invention. A tout vouloir tout seul, nous perdons et nous nous enfermons.




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