En persistant comme point d’appui à une opposition, nous nous soumettons à son existence et nous l'entretenons, car sans l’arbre et ses racines, l’oiseau tomberait !
En aïkido, lorsque le partenaire (Uké) saisit le poignet de Tori, ce dernier renforce la solidité de la prise en la contrant. En limitant cette rencontre au niveau local de la saisie du poignet, Tori se soumet à cette emprise, limitée dans l’espace, d’Uké et il lui donne l’occasion d’exercer cette volonté. Un changement d’échelle relativise la prise dont l’existence dépend de la branche, ou de Tori, qui à la différence de l’arbre a la capacité de bouger. En ne luttant pas sur le point de fixation et en amorçant un mouvement dans un espace plus vaste, Tori impulse une dynamique qui englobe la prise de Uké en l'intégrant dans une dimension supérieure harmonieuse.
C’est en arpentant la Cour Carrée du Louvre, que l’architecte sino-américain Pei, perçut la pyramide de verre qui virtuellement l’habitait en germe, et qu’il dit avoir révélée plus qu’imposée. Le préalable en fut l’écoute et la réceptivité, ce qui ne déprécie pas pour autant le savoir-faire ultérieur de la conception et de la réalisation de cette nouvelle entrée du plus fameux musée du monde. La sensibilité épouse et conduit, quand le vouloir partiel et individuel se distingue ou s’oppose. Une intention porte une énergie qui ne prend sens que dans une relation et un contexte. Paradoxalement, agir par le contexte est source de liberté, et permet de se faire l'architecte de l'harmonie qu'on sert.




Intéressant. Si je ne m'abuse, "tori" signifie aussi "oiseau" non ? ^^
Rédigé par : Longzi | 20 mai 2010 à 08:58