Ouvrage publié
par DUNOD

L'AUTEUR

Pierre Fayard
Pierre Fayard est professeur à l'Université de Poitiers, détaché comme Conseiller Culturel et de Coopération à l'Ambassade de France au Pérou.

25 octobre 2017

Comprendre et appliquer Sun Tzu. EN 36 STRATAGÈMES

 

Une 4e édition entièrement revue et augmentée, oct. 2017

 

Pourquoi tant de contemporains se font un livre de chevet d’un traité si ancien qui prône la réussite en limitant les conflits et en transformant des adversaires en alliés ?

Comment ce classique de stratégie qui affiche deux millénaires et demi d’existence, répond-il avec succès à nos préoccupations modernes ?

L’art de la guerre est comme l’eau qui fuit les hauteurs et qui remplit les creux, nous dit-il !

Oui, mais encore Maitre Sun Tzu ? Comment traduire vos formules imagées en enseignements pratiques pour des Occidentaux ?

Pour relever ce défi, ce livre décline un par un les 36 stratagèmes traditionnels chinois, et il les commentent en recourant aux grands penseurs de la stratégie d’Extrême Orient et d’Occident.

En assumant un parti pris exigeant de vulgarisation, il donne des clefs pour comprendre et appliquer les préceptes de Sun Tzu dans la vie personnelle comme professionnelle, et concevoir des stratégies créatives fondées sur trois principes majeurs : l’économie, l’harmonie et le paradoxe.

 

17 octobre 2016

LA SEDUCTION SELON TARZAN

TJAlors à quoi ça sert les frites si t’as pas les moules.

A quoi ça sert l’cochon si t’as pas les boules

(Alain Baschung).

Dans le panthéon emblématique des mythes de séduction, il en est un des plus basiques qui soit tant il ne s’encombre d’aucune fioriture, d’état d’âme ou de doute (…).

Le but est incontournable, les ingrédients sont là, il ne reste plus qu’à cuisiner incessamment et à feu vif, action !

Mais en séduction comme en stratégie, ruses et stratagèmes déjouent parfois jusqu’aux évidences comme l’indique ce premier chapitre : LA SEDUCTION EN RUT MAJEUR !

STRATEGIE.

Invoquer un principe supérieur indiscutable et une complémentarité objective  auxquels nul ne saurait se soumettre : Moi Tarzan, toi Jane, donc… ! Stratégie à un coup. Aucune échappatoire. Maitrise tactique de l’espace de rencontre.

CONTRE-STRATEGIE

Directe par la surenchère : on va chez toi ou tu m’invites à l’hôtel ?

Manœuvre par le grand champ, le contournement : élargir et diversifier les possibles, Jane la Culture versus Tarzan la culture !

L’intégration : Tarzan, le retour chez les humains !

La fusion : Banzaï Coco et sur le champ, je suis ta Jane Donc Dong…

 

DOUZE STRATEGIES POUR SEDUIRE. Quand la séduction fait son cinéma.

Pierre FAYARD, VA Press, 2016 Couverture 12 stratégies pour séduire

Qui n’a jamais rêvé de séduire à la simple évocation de son nom agrémenté de son prénom (My name is Bond, James Bond), ou rondement en désignant les composantes nécessaires et suffisantes à l’union (Moi Tarzan, toi Jane donc…), ou encore par la magie d’un sortilège foudroyant associant la voie du samouraï (budo) au flamenco ?

Si derrière ces scènes emblématiques, les stratégies sont rarement explicites, l’ambition de ce livre vise à les formaliser et en mesurer l’opérationnalité dans la vraie vie.

De la jungle profonde d’une île du Pacifique à Séville en passant par São Paulo (jeitinho brasileiro), le New York de Sherlock Holmes (Série Elementary), Hong Kong (In the Mood for Love) ou Paris (T’as d’beaux yeux tu sais), l’ouvrage décrypte avec humour et insolence les manœuvres qui sous-tendent douze scénarios mythiques de séduction.

En s’arrogeant de grandes marges de liberté, l’auteur s’aventure ensuite à proposer des contres alternatifs en puisant dans les classiques asiatiques et occidentaux de la stratégie.

06 juillet 2016

SÉDUIRE À LA JAMES BOND, LA TARZAN ET LES AUTRES

PIERRE FAYARD DÉCRYPTE 12 STRATÉGIES POUR SÉDUIRE

Not Like The Others, http://www.nlto.fr/James-Bond-Tarzan-et-les-autres-Pierre-Fayard-decrypte-12-strategies-pour-seduire_a939.html

Couverture

 

Qui n’a jamais rêvé de troquer son sex-appeal pour celui de James Bond ?

Grâce à « Douze stratégies pour séduire. Quand la séduction fait son cinéma », la vérité sur la séduction de l’agent secret n’aura plus de secret !

Pour son douzième livre, l’auteur nous invite à un voyage résolument original qui célèbre un art aussi vieux que le monde, le jeu de la séduction ! His name is Fayard, Pierre Fayard. Rencontre.

 

VOTRE OUVRAGE « 12 STRATÉGIES POUR SÉDUIRE. QUAND LA SÉDUCTION FAIT SON CINÉMA » MÊLE DEUX DOMAINES QUE L’ON POURRAIT PENSER ÉLOIGNÉS : LA SÉDUCTION ET LA STRATÉGIE.

L’ART DE LA GUERRE ET DE LA SÉDUCTION SERAIENT-ILS SIMILAIRES ?

À la fois similaires et très différents. Similaires parce qu’ils impliquent des volontés en interaction, mais différents parce que la séduction ne peut résulter d’un usage de la violence ou simplement de la force. La contrainte y est étrangère. D’une manière ou d’une autre, c’est au partenaire qu’il revient de dire oui… ou non.

Celui qui s’engage dans une entreprise de séduction cherche une issue positive qui suppose un travail relationnel et d’intelligence qui suppose imagination et sens de l’adaptation. Pour paraphraser le stratège chinois Sun Tzu, connaitre l’autre comme soi-même est une nécessité pour se procurer un avantage, savoir où et quand s’engager, ou bien ne pas le faire.

Depuis que le monde est monde, la séduction fait partie intégrante de la stratégie. Influence, manipulation, intoxication et plus généralement ruses, stratagèmes et autres manigances ne sont pas concevables sans recourir à certaines formes de séduction.

 

POURQUOI AVOIR CHOISI DE DÉCRYPTER DES MYTHES CINÉMATOGRAPHIQUES ?

Les mythes captivent. Ils traduisent des réalités profondes de l’âme humaine, ce que l’imagination a de plus débridé et qui joue un rôle capital dans la séduction. Parfois, on séduit sans se rendre compte qu’un mythe cinématographique nous inspire en toile de fond. Le cinéma ne se limite pas aux salles obscures, il contamine abondamment la vraie vie.

Au delà de leur aspect caricatural, des répliques emblématiques comme T’as d’beaux yeux tu sais, Moi Tarzan toi Jane, ou Bond James Bond… parlent à tout le monde. Dans sa vie quotidienne chacun peut les décliner. Séduire c’est comme entrer dans une fiction à laquelle que l’on s’efforce de transformer en réalité. Derrière tout cela se profilent des stratégies que j’ai voulu rendre explicites, étape indispensable pour envisager ensuite, et au besoin, des contres stratégies.

 

VOUS DÉVELOPPEZ, ENTRE AUTRES, LA FIGURE DE JAMES BOND.

EN QUOI CONSISTE LA STRATÉGIE DE SÉDUCTION PAR LA PRÉDESTINATION, PUISQUE C’EST AINSI QUE VOUS LE DÉCRIVEZ ?

JBJe vais peut être vous décevoir, mais ce personnage créé par Ian Fleming incarne, à mon sens, l’absence même de stratégie. Pourquoi ? Parce qu’elle n’est pas nécessaire à la séduction de 007.

En anglais, la traduction littérale de Bond est lien, ou encore obligation, et ce n’est sans doute pas par hasard. Amies ou ennemies, toutes les femmes qui entrent en scène deviennent, tôt ou tard, les obligées de James Bond. C’est écrit dans le script et tout le monde le sait. La seule incertitude c’est où et quand, cela va se concrétiser.

Sans surprise, les films agencent un cocktail d’arguments toujours semblables : puissante voiture, Champagne Bollinger, cocktails, palaces, smoking, course poursuite, gadgets et explosifs… Bond est un agent du Soft Power anglo-saxon.

Derrière les apparences de cette séduction prédestinée se profile l’omnipotence de l’Empire Britannique et de ses alliés qui, avec Bond, remettent les pendules à l’heure impériale. Tout au plus, les héroïnes prévaricatrices se rachÈtent par leur sacrifice après avoir été mises dans la bonne direction par deux fois zéro avant le sept.

 

COMMENT EXPLIQUEZ-VOUS QUE 007 S’IMPOSE ENCORE AUJOURD’HUI PARMI LES SÉDUCTEURS MYTHIQUES ?

Sans jeux de mots, parce qu’il incarne une sorte de baguette magique mythique de séduction. À peine a-t-il besoin d’annoncer la couleur, Bond James Bond, pour que sexe s’en suive dans l’heure et demi du film. C’est proprement miraculeux. Imaginez qu’il suffise d’énoncer son nom agrémenté de son prénom pour concrétiser une relation ! Cette mécanique sans risque fait rêver.

Bond est un conte dont la féérie séduit. On veut y croire même si tout indique que les dés sont pipés, que tout y est sous contrôle, écrit d’avance. L’agent 007 est un super mâle pour qui se pâment toutes les femelles qui passent à sa portée. Il vient à bout des entreprises du mal contraires aux intérêts de sa Gracieuse Majesté d’Outre-Manche, et leurs suppôts finissent généralement dans les flammes d’un enfer purificateur.

Au final, le spectateur sort rassuré, et Bond va jouir en toute légitimité d’un repos mérité du guerrier. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes régulés par l’Empire des British.

 

TARZAN, QUANT À LUI, ADOPTE UNE STRATÉGIE DE SÉDUCTION DIFFÉRENTE.

QU’ELLE EST-ELLE ?

 

TARIl s’agit là de séduction biologique, en rut majeur dans sa version primate de Moi Homme + toi Femme = etc. C’est comme s’il déclarait Hey Jane, laisse parler tes gènes, la nature ou l’ordre des choses. Dès lors que la complémentarité est constatée, elle doit être suivie d’effet immédiat. Tarzan, qui s’y soumet, invite Jane à l’imiter car il en va de la survie de l’espèce, d’un impératif indiscutable et immédiat.

Les déclinaisons tacites de Moi Tarzan, toi Jane… sont multiples. Moi chef + toi subalterne = obéir, ou encore moi vendeur + toi client = acheter… Toutes se caractérisent par une absence de choix. Contrer cette stratégie frontale suppose un élargissement du théâtre de la rencontre. Tant que les protagonistes demeurent sur un espace limité, l’avantage penche du coté du primate. Pour gagner une marge de liberté, Jane doit temporiser en promettant un plus, un ailleurs ou un mieux. Dans la jungle moderne, cela peut se traduire dans une invitation du genre on va chez toi, ou tu m’emmènes à l’hôtel… où l’initiative change de main.

 

QUELLE EST SELON VOUS LA STRATÉGIE LA PLUS « EFFICACE » POUR SÉDUIRE AUJOURD’HUI ?

Les modèles contondants de Tarzan et de Bond, ni très subtils ni délicats, relèvent plus de l’industrie que d’un artisanat créatif et sur-mesure. La séduction y est plantée indépendamment des circonstances particulières à l’inverse de stratégies indirectes qui vont s’en faire des atouts. Cette approche se retrouve dans des films comme In the Mood for Love (de Wong Kai-Wai) ou Le Port de l’Angoisse (de Howard Hawks) où la personne qui séduit se fait de l’autre un allié pour sa conquête de l’intérieur.

ELEMJ’ai un faible pour Sherlock Holmes dans sa version de détective destroy newyorkais dans la série Elementary. Ce consultant dragueur d’indices combine magistralement sensation et raison, induction fine et déduction encyclopédique tout en s’aidant de son smartphone. En s’invitant sur les scènes de crimes sans schémas préconçus, Holmes ne livre aucun point d’appui à la résistance de l’intrigue.

Sherlock épouse les signes sans les contraindre par des a priori qui les rendraient muets. Il fait cause commune avec la logique du crime et l’invite à exprimer sa vérité sur la page blanche qu’il lui tend. Par extension, cette stratégie n’impose rien d’autre que les attentes de celui, ou de celle, que l’on désire séduire, ce qui est redoutable car peu aisé à contrer.

 

CES STRATÉGIES FONCTIONNENT SUR GRAND ÉCRAN.

NE SONT-ELLES PAS UN PUR FANTASME DANS LA RÉALITÉ ?

Les fantasmes sont-ils si étrangers à la réalité ? Pourquoi va-t-on au cinéma se repaitre de scénarios parfois si improbables ? Sur quoi fonctionne la publicité ? Sur la banalité d’une routine quotidienne ? Certainement pas ! Gaston Bachelard dans son livre L’eau et les rêves, écrivait que l’on ne convainc bien qu’en découvrant des allées de rêves.

Qu’est-ce que la réalité sans l’imagination ? Qu’est-ce que le mythe sans l’émotion et l’écho qu’il éveille ? Qu’est ce que la séduction sans une part de hasard, d’inconnu et de risque ? Tout cela se retrouve au cinéma. Si cela nous inspire et nous enrichit, l’analyse stratégique en explicite les modèles sous-jacents.

 

 

 

02 juin 2016

DOUZE STRATEGIES POUR SEDUIRE

Couverture D2SQuand la séduction fait con cinéma

Pierre Fayard. VA Press. Sortie le 2 Juillet 2016

Qui n’a jamais rêvé de séduire à la simple évocation de son nom agrémenté de son prénom (My name is Bond, James Bond), ou rondement en désignant les composantes nécessaires et suffisantes à l’union (Moi Tarzan, toi Jane donc…), ou encore par la magie d’une séduction foudroyante associant la voie du samouraï (budo) au flamenco ? Derrière ces figures emblématiques, les stratégies sont rarement explicites. L’ambition de ce livre vise à les formaliser et en évaluer l’opérationnalité dans la vraie vie.

De la jungle profonde d’une île du Pacifique à Séville en passant par São Paulo, le New York de Sherlock Holmes (Elementary), Hong Kong (In the Mood for Love) ou Paris (T’as d’beaux yeux tu sais), cet ouvrage décrypte avec humour et insolence les manœuvres qui sous-tendent douze scénarios mythiques de séduction. En s’arrogeant de grandes marges de liberté, l’auteur s’aventure à proposer des contres alternatifs en s’inspirant des grands classiques asiatiques et occidentaux de la stratégie pour le plus grand bénéfice du lecteur.

Note de l'éditeur: Explorateur des cultures de la stratégie d’Asie et d’Amériques, Pierre Fayard est professeur des universités à l’Institut d’Administration des Entreprises de Poitiers, et partage son temps avec le Brésil où il enseigne régulièrement. Auteur d’ouvrages de stratégie et de fiction, il livre ici un essai stimulant et inspiré sur la puissance des mythes cinématographiques de séduction.

26 mars 2015

NEW BLOG - NOUVEAU BLOG - NOVO BLOG - NUEVO BLOG de Pierre Fayard

 

La stratégie dans ses cultures et ses fictions :

https://pmfayard.com 

SOMMAIRE

 

VACUUM. La Fée à l'envers

Un roman de Pierre Fayard

VACUUMUn certain gardien du Jardin d’Eden, et qui se prend pour dieu, est mécontent des humains. Il suscite la naissance d’une fée en charge de tout remettre en ordre : en fait un vrai aspirateur qui ne crée rien, mais qui efface. Son nom de code ? Vacuum, la Fée à l’envers.

Ritournelle néo-mythologique comiquement revisitée en tourneboule, le texte de Pierre Fayard est vif, nerveux, ironique, goguenard. Les vagues et les replis du récit sont chamarrés d’une bouffonne iconoclastie. Dans un sens comme dans l’autre, ce e-conte pour adultes a du souffle, et nous emporte par son incroyable élan aspirant. Il nous avale atterrés et nous régurgite railleurs.

Et quand on en finit avec ce petit roman, on juge, en toute bonne conscience que la mise en existence cosmologique de l’humanité fut rien moins qu’une bourde magistrale ! Mais ce n’est pas grave, ce n’est absolument pas grave, car l’erreur est créative… À LIRE !

ÉLP Éditeurs, Montréal, Canada.

Sur toutes les plateformes numériques (ISBN : 978-2-923916-93-4)

Lire un extrait : http://www.elpediteur.com/auteurs/fayard_pi/2015_vacuum.html

 

 

23 juillet 2014

A Gestão do Conhecimento como prática de sobrevivência

O testemunho da PME MUSASHINO, Prêmio Japonês da Qualidade

O conhecimento, força motriz dos negócios, não se transmite pelo ensino mas pelo ba of chi, ou comunidade do conhecimento, que fazemos existir na empresa

FotoGrande_2863“O importante não é tanto pensar mas agir para concretizar em campo. Não discutimos sobre o valor do conhecimento da empresa, se ele é bom ou ruim. Nós o colocamos em prática e é a partir daí que o experimentamos. A atitude deve ser ativa pois não é possível esperar que as condições se tornem excelentes ou propícias. O ambiente jamais espera que estejamos prontos. As empresas que não se harmonizam com as condições do mercado desaparecem. Acompanhamos a mudança tal qual se apresenta, sem discutir. O conhecimento da empresa, seus valores e seu patrimônio intelectual são todos investidos nesse sentido.

“Apoiando-se no ba of chi, acolhemos as mutações e adaptamo-nos a elas em decorrência. Por conservadorismo, os empregados não querem mudar. É preciso inventar soluções contra essa tendência natural. Não é passando tempo em estudos, como nas grandes empresas, que elas evoluem; a solução está em uma reatividade total às mudanças das circunstâncias. Trata-se de um aprendizado pela própria ação. Quando o presidente exige que os empregados façam algo, eles executam ou deixam a empresa. Cada um é livre de pensar como quiser, qual seja sua religião... os valores da empresa não podem ser questionados e devem ser compartilhados. Ora, o que importa é a satisfação dos clientes a quem vendemos balas e não fuzis. Um fuzil é vendido somente uma vez enquanto as munições são sempre necessárias. Essa imagem inspira as relações mantidas com os clientes.

 

A gestão do saber mantém a empresa acima da linha de flutuação de seus mercados. Como PME, Musashino não tem direito ao erro, como algumas grandes empresas japonesas. Para não desaparecem em uma formidável competição sem piedade, ela incessantemente modifica seu estado de espírito.

“O management book reúne e resume as orientações essenciais da empresa. Por não ser possível, em uma PME, recrutar pessoas com alto nível de instrução e de qualificação, tudo é detalhado nesse carnê. Ele contém todas as informações sobre a empresa e deixa visível até a agenda de seu presidente. Consultado diaramente, os empregados impregnam-se da visão, dos valores e dos objetivos da empresa. Discussões em grupos são mantidas regularmente. Contém estudos de caso reais entre os quais os mais instrutivos não provêm dos sucessos, mas das falhas. O aprendizado pela análise do erro é excelente e é assim que o carnê evolui e melhora cada ano. Quando ele contém erros, o presidente e os funcionários apressam-se em corrigi-lo.

“É importante fornecer as grandes orientações, a visão, e os empregados refletem e utilizam seus conhecimentos para realizar seus objetivos individuais. A referência maior é o trabalho com os clientes. Os empregados apresentam memorandos (ba of chi) agrupados por critérios de proximidade temática e discussões se estabelecem a partir deles para as decisões de providências e processos a serem melhorados. O consenso é inevitável e as decisões devem ser tomadas por unanimidade! Enquanto ele não for alcançado, todos ficam na empresa sem voltar para casa. Isso pode levar até cinco dias inteiros, incluindo as noites, até que a unanimidade se torne efetiva. Em seguida, o grupo age como um único homem!

 

The Bee-Strategy, A estratégia das abelhas

Diferente da aranha que aguarda sua presa após ter tecido sua teia, as abelhas vão buscar o pólen informando umas às outras sobre os destinos e os caminhos a seguir.

“Não devemos esperar o cliente, é preciso ir buscá-lo. Não é ele que vai buscar os fornecedores, e sim o inverso. Na Musashino, os centros de lucro são separados mas cada um se esforça para contratar novos clientes e desenvolver novos serviços. Os empregados aprendem por meio da prática e ensinam uns aos outros. Eles inventam e colocam em prática inovações, especialmente no uso das tecnologias digitais, muito utilizadas para tudo o que diz respeito às infraestruturas e às comunicações internas na empresa. Mas quando se tratar de relações estratégicas, com os clientes, o analógico, o contato humano, o face-a-face tornam-se insubstituíveis. No digital, sempre há distância.

“O sistema de cartões de agradecimento (thanks cards) dá vida à gestão do saber na empresa. Cada empregado, de baixo ao alto da pirâmide, envia cartões de agradecimento, interna e externamente, a toda pessoa que contribuir à melhoria da situação de negócios da empresa. Isso pode ser uma observação pertinente em relação a um cliente, uma maneira de fazer, um comentário, uma sugestão astuciosa, uma ideia inovadora e lucrativa... Em geral, são pequenas coisas, detalhes, mas cujo efeito diário acumulado provoca efeito. As grandes coisas realizam-se raramente, as pequenas são mais fáceis, pois são acessíveis.

“Utilizam-se cartões do tamanho de um cartão de visitas mas também cartões postais, faxes, mails ou ainda SMS... Na empresa, os grupos nos quais circulam muitos cartões de agradecimento recebem prêmios, bônus a título coletivo mas também individual. Os que distribuem cartões também são considerados pois manifestam assim a atenção às ações dos outros, ao desenvolvimento da empresa e à integração de seus valores. Essa sensibilidade aos outros bem como as boas sugestões e as boas práticas transformam-se em bônus. Os que não distribuem cartões são penalizados! Doze mil cartões são trocados em média cada ano. Na Musashino, o patrão comunica sua admiração a um empregado quando ele realiza algo de notável que contribui com o interesse da empresa.”

Saber mais: O modelo inovador japonês de gestão do conhecimento. Pierre Fayard, Bookman, Porto Alegre 2010.

16 juillet 2014

Pierre Fayard, pourquoi écrire ?

Biographie

(De Neowood.com) Né au Sénégal où le blanc fait tache avec le noir, mais où les couleurs sont vives et franches, il immigre en France à l’âge de six ans. Fil rouge de son existence, la question de la rencontre avec l’autre le pousse à étudier la communication à Grenoble où il s’exile. Comprendre et faire comprendre le conduit professionnellement dans l’animation touristique puis socioculturelle, la communication des sciences, la découverte des cultures exotiques de la stratégie, la coopération internationale et la diplomatie d’influence.

Dans sa mise en conformité avec l’étrangeté, il réalise une mission de recherche au long cours au Japon, et s’expatrie au Brésil puis au Pérou pendant huit années. De retour en France, il est actuellement professeur des universités à l’Institut d’Administration des Entreprises de Poitiers où il enseigne la stratégie et ses cultures. Il pratique aussi l’aïkido dont il est quatrième dan. Avide d’expression, il écrit des chansons, des nouvelles, des polars et des ouvrages académiques qu’il veut toujours accessibles, car vulgarisateur dans l’âme.

 

Pourquoi l’écriture ?

"Parce que je ne sais pas vivre autrement. Pour l’impertinence et la liberté radicales qu’elle permet. Parce qu’elle accouche de ce que j’aime, et donne l’intelligence de l’autre. Parce qu’elle est son, rythme, mélodie, sens, image et tout ce qui met la vie en orchestre en dehors des grisailles. Parce qu’elle invente des chemins qui se livrent en marchant, suspendus dans l’instant. Car la page blanche commande, pas le plan. Écrire, c’est choisir de se perdre pour mieux trouver, faire affleurer le rêve du réel, et révéler l’authenticité cachée. C’est l’art du contre-pied pour conduire là où l’on rêve d’aller sans jamais oser le demander et en restant vivant. Écrire, c’est le grand large au présent, sans concession, ici et maintenant".

 

Derniers livres

  • L’Affaire Manga 3D, Pol’Art numérique. Neowood, Paris 2014, http://www.neowood-editions.com/categories/ebook-nouveautes/affaire-manga-3d.html
  • La Force du Paradoxe. En faire une stratégie ? Co-écrit avec Éric Blondeau. Dunod Paris 2014.
  • Comprendre et appliquer Sun Tzu. 36 stratagèmes de sagesse en action. Dunod 2011. Prix « Stratégie d’Entreprise ». Dirigeants Commerciaux de France 2011. Éditions étrangères : Bucarest, Lisbonne, Milan & Porto Alegre.
  • Sun Tzu. Stratégie et séduction. Dunod 2009. Éditions étrangères : Buenos Aires, Lisbonne & Milan.
  • Le réveil du samouraï. Culture et stratégie japonaises dans la société de la connaissance. Dunod 2006. Éditions étrangères : Bucarest, Pékin & Porto Alegre.

14 juillet 2014

A concha do conhecimento tacito

Como socializá-la?

FotoGrande_2863Socializar o conhecimento tácito é a primeira etapa da criação de conhecimento, tal como foi codificada pelo professor Ikujiro Nonaka. Antes disso, é inútil pensar ser possível seguir as três etapas sucessivas de seu modelo SECI: a Expressão, a Combinação e, finalmente, a Integração de novos conhecimentos. Como seu nome indica, nessa fase inicial a dimensão humana, social e relacional é fundamental. Ela desenvolve-se no contexto do conceito bem japonês de Ba, definido por Nonaka como um «espaço compartilhado em movimento», e que propomos traduzir por «comunidade de conhecimento[1]».

Uma comunidade de conhecimento reúne,  sobre a base de um interesse comum, atores de naturezas diferentes, de dentro e de fora da empresa, em uma estratégia de produção de conhecimentos operacionais que sirvam a todos os participantes. Esse espaço relacional pode ser físico, virtual ou híbrido e seus componentes concordam, de forma implícita ou explícita, quanto à necessidade de cooperarem para transporem juntos uma fronteira de conhecimento que pode se revelar tão concreta como as características de um produto ou de um serviço existente ou a ser criado.

Mais do que recensear o que é conhecido, o objetivo da socialização consiste em trazer à tona elementos até então nem valorizados nem formalizados e que provêm dessa dimensão tácita crucial para a criação de novos conhecimentos. Para Nonaka, é como se esses elementos estivessem aprisionados na «gravitação» de práticas individuais não consideradas. Para libertá-los dessa gravidade em que estão encerrados, é necessário estabelecer condições favoráveis que lhes permitam expressão, e a energia reunida para fazer esse foguete decolar vem de relações de confiança sem as quais nada pode ser esperado.

Nessa primeira fase do processo SECI, o objetivo da empresa não é o de captar ou o de verificar hipóteses ou informações que ela já conhece. Mas é de demonstrar dentro dos Ba atenção, disponibilidade e uma grande abertura de espírito ao ponto de parecer não ter expectativas particulares. Querer buscar de forma invasiva junto a clientes informações precisas sobre suas opiniões, suas representações, suas expectativas, seus conhecimentos, suas repulsas… terminaria por esterilizar a criatividade desse espaço compartilhado. Equivaleria a incitar uma ostra a se fechar. Uma concha precisa de um ambiente confiável e nutritivo para se abrir; assim que percebe intenções estranhas ela se fecha, e é isso o que deve ser evitado.

Uma comunidade de conhecimento funciona porque é animada por um interesse, por uma bússola que abrange e que excede a necessidade da empresa que participa de seu movimento. Não se trata de uma comunidade de prática que reúne, sobre uma base explícita, profissionais preocupados em compartilhar e melhorar suas competências. Essa distinção é importante. No modelo de Nonaka, é ao servir uma causa que a transcende que a empresa serve ao seu interesse particular. Dessa forma, ela contribui dentro de uma comunidade orientada para enriquecer os conhecimentos operacionais do conjunto de seus membros cuja heterogeneidade é unificada pelo objetivo comum.

As palavras-chave dessa socialização são empatia e implicação plena ao modo samurai aqui e agora. Somente uma empatia verdadeira permite que «a concha do conhecimento tácito» se abra com confiança até manifestar elementos de que talvez nem tenha consciência. Essa alquimia, essa transformação qualitativa no sentido asíatico do termo[2], socializa um conhecimento tácito por meio de uma dinâmica de interações contínuas entre pontos de vista, experiências e competências diferentes mas que se encontram em uma mesma causa.

O sentido da implicação plena é um valor bem japonês; ela é absoluta e dedicada. Que isso aconteça em presença ou a distância, convém ser participativo com sinceridade e «amor», segundo os próprios termos de Nonaka, e também evitar a prioris que possam incitar «a concha a se fechar». Assim, os funcionários de uma empresa participam de atividades em que seus produtos e serviços são apresentados, vendidos, utilizados, e mesmo criticados. Isso pode acontecer em pontos de vendas, por meio de relações com redes de distribuição, fornecedores, comunidades de clientes e usuários, sites internet… enfim, junto a todos os que estão em contato com suas prestações no mercado. Até concorrentes podem ser chamados a contribuir nesse movimento, incumbindo à empresa assegurar um tempo de avanço no uso inovador dos conhecimentos criados.

Poderíamos dizer que essa primeira fase do modelo SECI preocupa-se mais com questões e incógnitas do que com a gestão de conhecimentos adquiridos. Sua perspectiva é fundamentalmente inovadora; não considera que tudo é conhecido e que nada possa ser aperfeiçoado, otimizado ou introduzido como novidade. Mais do que aplicar um método de socialização, trata-se de implicar-se com franqueza e lealdade a serviço da emergência de um conhecimento nascido das interações.

O conhecimento criado por meio do modelo SECI de Nonaka pode trazer um avanço temporal e operacional para a empresa que deve se traduzir de forma concreta. Ele possibilita a posição em situação vantajosa porque é mais justo, em harmonia dinâmica com a formulação de novas necessidades ou de redefinição das antigas. Como no combate entre dois samurais, aquele que sobrevive é o mais justo, pois o perdedor não está mais lá para constatar que se enganou ou que se confinou em uma representação ultrapassada. A mobilização em comunidades de conhecimento não é uma «dançarina», um luxo ou um capricho para a empresa. Ela impõe-se como uma necessidade estratégica que deve estimular todos os seus membros pois dela depende sua sobrevivência!

*Pierre Fayard é professor titular no Institut d'Administration des Entreprises da Universidade de Poitiers, França.

Doutor em ciências da informação e da comunicação pela Universidade de Grenoble Stendhal, onde defende em 1987 uma tese sobre as mutações da comunicação pública das ciências e das técnicas.


[1] O modelo inovador japonês de gestão de conhecimento. Bookman, Porto Alegre 2009.

[2] Ver o Yi King, ou Livro das Mutações, grande clássico chinês.

04 juin 2014

36 paradoxes pour gagner

La stratégie est comme l’eau qui fuit les hauteurs et qui remplit les creux…

So what Mister Sun Tzu ?

Il n’est pas facile de dépasser les formules imagées de L’art de la guerre pour les mettre en pratique, pourtant ce grand classique traverse les millénaires, les latitudes, les cultures et les domaines d’activités pour s’imposer aujourd’hui comme la référence stratégique contemporaine. Ce texte emblématique de la pensée stratégique chinoise propose une panoplie de recommandations et d’images paradoxales pour survivre et réaliser ses objectifs à moindre coût, voire sans autre dépense que celle de l’intelligence. Ce mode d’action minimaliste est sous-tendu par un principe radical d’économie. C’est parce que la ruse économise les moyens qu’elle est sollicitée tout comme l’harmonie pour des raisons identiques. Épouser plus que s’opposer est rentable car c’est le meilleur moyen de conduire en atténuant le risque d’être éconduit ou réduit.

La pensée paradoxale de Sun Tzu prend le contre-pied de représentations caricaturales et spontanées de la stratégie entendue comme l’exercice exclusif de la contrainte, de la violence et de la force plus que de la sagesse, de l’intelligence et d’un savoir-faire relationnel englobant. Pour autant, une interprétation superficielle au pied de la lettre de ces paradoxes conduirait à des impasses logiques. À travers la valeur d’exemple de ses déclinaisons à travers les âges et les domaines d’activité, le Traité des 36 stratagèmes chinois permet de dépasser ces contradictions. La conception et mise en œuvre des ruses prennent naissance et se déploient dans les potentiels même offerts par l’ennemi, le concurrent, l’allié, le partenaire, les circonstances ou l’ensemble de tout cela. Si les problèmes et les blocages sont tactiques et locaux, les sorties puisent dans le global et de la stratégie les solutions. Et s’il n’y a pas de solution, interroge l’incrédule ? S’il n’y en existe pas, ce ne sera pas faute de les avoir cherchées en toute honnêteté et implication sincère. Alors, ce sera un bon moment pour perdre ou pour mourir.

Héritier du grand classique de Sun Tzu, le Traité des trente-six stratagèmes articule ces paradoxes en incitant à penser de façon souple, adaptative et décalée, et à agir de manière économiquement adroite et créative. À l’instar de Sun Tzu, il constitue une invitation à se défaire des seuls schémas classiques et prêts à l’emploi, à s’aventurer hors de l’orthodoxie des sentiers battus et concevoir des stratégies avec les autres plus que contre eux, qu’ils en soient conscients ou non. L’esprit de ces stratagèmes est applicable autant dans la vie professionnelle que personnelle.

ALLER PLUS LOIN : La Force du Paradoxe. En faire une stratégie ? 257 pages, Paris 2014.

 

24 avril 2014

L'AFFAIRE MANGA 3D

 

Un polar numérique de Pierre Fayard

EXTRAIT

Couv_Affaire_Manga_3DLes murs nus et le désordre ambiant indiquaient un dé- ménagement en urgence. À la droite du vestibule, dans une petite chambre encombrée, quelques tenues légères pen- douillaient sur un portant à roulettes. Sur une table de ma- quillage, coiffée par un miroir, s’entremêlaient vaporisateurs, flacons et, étrangement, des marqueurs de couleurs. Les pages d’un paperboard sur échasses étaient mal arrachées et des tiroirs, la gueule ouverte, bâillaient de vacuité au mi- lieu de cartons éventrés dont le contenu jonchait le sol.

Une gigantesque fresque occupait le mur principal. Visiblement, on avait voulu la faire, puis la défaire en la barbouillant d’à plats et de traits qu’on aurait dit vengeurs. Organisée en triptyque, entre un enfer et un paradis à chaque extrémité, se tenait un Jardin des délices agrémenté de scènes de sexe plutôt crues sans être dépourvues d’un vrai sens artistique. Inspiration asiatique, nota le détective, remake nippon d’un Jérôme Bosch à la sauce manga.

Fidèle à ce qui était devenue sa méthode, il laissait cou- rir son imagination sans s’embarrasser d’explications. Derrière la porte, des esquisses sur papier suggéraient des postures érotiques alambiquées et dans des situations sans ambiguïté. Pour provoquer un réveil brutal de libidos as- sagies, on ne s’y serait autrement pris. Il se promit d’y re- venir après un tour général de l’appartement à la recherche d’indices plus parlants.

Pourquoi diable l’avait-elle envoyé ici en éclaireur ? Elle avait mentionné un délit hors classe et hors catégorie, mais sans en préciser la nature. Dans leur terminologie en par- tage, le hors classe recouvrait des faits extrêmes, scabreux, atroces ou monstrueux par leur intensité, et le hors catégo- rie des histoires qu’on ne savait pas même imaginer avant qu’elles ne débarquent dans l’actualité. Enquêter dans le hors catégorie supposait d’éviter l’obsession d’aboutir à très brève échéance. S’installer dans l’indécision sans im- pératif de résolution à court terme, le détective adorait. Se laisser broder par l’intrigue et se contreficher du trajet. La seule chose qui importait était, au final, de retomber sur ses pattes.

La réduction estivale de ses effectifs policiers l’avait conduite à faire appel à lui, c’est ce qu’elle lui avait dit. À croire que l’été s’accompagne de congés en matière de criminalité... Elle se méfiait de ses subalternes trop calibrés, orthodoxes et réfractaires autant au hors classe qu’au hors catégorie. Performants dans le tout-venant, ils piétinaient comme des percherons à Longchamp, dès lors que les scé- narios flirtaient dans l’improbable. Formatés aux four- chettes du basique, ils excellaient dans l’abattage, mais dès que les faits sortaient des cadres, les bataillons de la com- missaire divisionnaire se perdaient dans des chronophagies stériles.

À l’inverse, son détective particulier percutait aussitôt que miroitait le hors piste ou qu’un saute-mouton concep- tuel s’invitait dans l’enquête. Les affaires qu’il contribuait à élucider s’inscrivaient sur son tableau de chasse à elle, et le ratio entre son quota d’inspecteurs et celui des dossiers résolus s’en ressentait. Alors la hiérarchie ne regrettait pas la féminité de ce chef de division, mise en exergue pour soutenir que la Police n’était pas, ou plus, machiste. « Passer par le 13e » représentait un plus dans la carrière d’un fonc- tionnaire du fait de la féminité de la Taulière. (...)

« C’est tout ce que je sais.

– Maigre mais suspect, trancha la commissaire division- naire.

– J’oubliais, j’ai des photos. »

Tout procédait d’un rituel désormais établi. Une fois saisi d’une affaire qu’il acceptait, le détective rencontrait la CD dans une brasserie du genre bistronomique pour partager ses informations et ses premières impressions.

« Oui, de curieux indices. C’est une affaire de “X”, ou un prétexte pour me brancher ? »

Agathe éluda la question d’un geste agacé.

« Ne gamberge pas trop, on n’en est qu’aux débuts. Si ça ne te plaît pas, tu déclines. Je ne t’oblige pas, je n’en ai pas le pouvoir.

– S’il y a débuts, ça signifie une suite.

– J’aime ta logique ; donc, c’est oui. Pourquoi “érotisme improbable” derrière la porte de la petite chambre ?

– “Suggéré”, je n’ai pas dit “improbable”. Ces esquisses avaient le parfum d’un érotisme suggéré.

– Ah ! Et comment on suggère l’érotisme, Monsieur Nostradamus ? En manifestant son intérêt mais en se dé- robant aux conséquences ? Moi, j’appelle ça de l’allumage, pas de l’érotisme, tu captes ou je précise mes références ?

– T’es triviale, Agathe. “Suggéré” dans le sens d’incom- plet, comme une invitation à participer à l’histoire avec ses rêves, sa sensibilité, ses fantasmes...

– Ce n’est pas un peu tordu, ton truc ? Quand on fait le tapin, le temps c’est de l’argent. Il faut aboutir rapidement. Les suggestions, c’est lent.

– Tu me cherches, Agathe.

– J’enquête, qu’elle répliqua en enroulant sa main autour du pied de son verre de vin. À la tienne ! »

Depuis son Trafalgar carmina-buranien, Agathe s’était clas- sifiée. Pour se donner une contenance, ou bien se rassurer, elle pointait très régule chez un coiffeur qui l’affublait d’ar- chitectures capillaires impossibles et figées. Il lui sculptait les cheveux en masses volumiques aux ondulations pétri- fiées, et pour elle, ces couvre-chefs sans souplesse rehaus- saient son autorité.

« J’en impose plus dans le service », qu’elle affirmait ra- vie de l’air ahuri de son ex-partenaire en fliquerie.

Lui, préférait l’inspectrice de rue qu’il avait connue – au sens archi-biblique du terme – sous toutes ses sutures, en baskets et en jean. À l’époque, lorsque le devoir lui impo- sait de s’habiller pour des mondanités, elle était gauche et mal à l’aise. Mais à l’issue de son ère sexuelle glaciaire post- place Vendôme, elle s’initia au tailleur en prenant du ga- lon. Les nouvelles sphères où elle évoluait persuadèrent Nicolas du bien-fondé de son abdication de la Maison des Keufs. Et puis, le métier de flic, c’est socialement utile mais peu rentable en termes sonnants et trébuchants.

Enfant, il dévorait les récits d’Agatha Christie, d’Arsène Lupin, d’Hercule Poirot et autres Sherlock Holmes. C’est de là que lui vint son surnom dans la Maison Poulaga. Il s’appelait Nicolas LHomme, avec une double majuscule comme les originaux qui ont une vertèbre ou un doigt en plus des autres. Il citait si souvent ses auteurs fétiches que ses collègues finirent par l’appeler Sherlock LHomme. Puis, avec le temps, le N de Nicolas remplaça le Sh et il devint Nerlock. En souvenir de Christie, il baptisa sa partenaire Agathe, mais seulement dans l’intimité d’une jalouse et ex- clusive complicité.

Après les tailleurs et les architectures tôle ondulée de ses cheveux, l’état civil de son ex-partenaire de la Maison Volailles s’altéra suite à un truc étrange intitulé « mariage ». Dans les termes hypocritement vengeurs de Nerlock, elle s’appareilla avec un haut fonctionnaire sur le retour qui « tenait énooormément à elle » qu’il déclarait avec emphase. Le monsieur en question pointait à la haute administration des Finances, spécialité Crimes et Délits. Il se la jouait aristo alors qu’il portait un nom à la con, genre Dupont.

Veuf ou divorcé à l’heure où il devient malaisé de se re- caser avec une jeunette qui requiert qu’on assure pas seu- lement de la carte bancaire, il tomba en amour pour cette jeune commissaire « qu’il voyait bien divisionnaire » souf- fla-t-il mezza voce en forme d’invitation matrimoniale. Le mariage, cela relevait du plus pur exotisme pour Agathe, femme libre et affranchie. Seulement, la démission de Nerlock s’était accompagnée d’un sevrage trop inconve- nant au regard de sa nature ardente. Dans la solitude as- sassine du superfuton rouge qu’elle avait acquis en promesse de paradis partagé avec Nerlock, elle déprimait trop grave. Esseulée dans la force des hormones, il fallut bien que ce futon exulte en couple...

Quand, à l’occasion d’une enquête, le haut fonc’ Crimes et Délits débarqua avec sa bouche en cœur et son bras très très long, elle se laissa tenter. Il suffisait de se pencher en s’affublant de quelques faux-semblants. Dans l’entourage de son haut fonctionnaire, aucun faussaire ne lui deman- derait de comptes sur son passé, de crainte de se voir lui- même interrogé. Ce ne fut pas compliqué et Ducon, comme décida de l’appeler le flic en rupture de ban, lui rendit la vie si facile. Même si la fréquence orgasmique d’Agathe s’en ressentit, comment résister à l’heure où la maturité bas- cule ? Mais l’élément déclencheur, l’origine véritable de cette union en réaction, fut la démission de Nerlock qui ne passait toujours pas !

« Cela fait un certain temps que des rumeurs se répandent sur des usages criminels des mangas », lui confia-t-elle entre la poire et le fromage – en l’occurrence un bleu d’Auvergne et une crème caramel. « Jusque-là, la France en était épar- gnée », poursuivit-elle en lapant, comme en manque, l’aqueux de son dessert.

Aux cernes que son fond de teint n’estompait qu’à grand peine, Nerlock devinait sa lassitude. Après le confit de ca- nard aux figues, arrosé de brouilly, il l’inviterait volontiers à une partie salutaire de jambes en l’air dans une carrée dis- crète. Les usages interlopes des mangas n’étaient pas in- connus de Nerlock. Néanmoins, il jugeait sage d’éviter de le mentionner pour ne pas froisser la CD qui, par défini- tion, avait l’autorité d’en savoir plus que lui.

Jouer au con, jouer au con, stratagème suprême du flic ha- bile et du détective malin, celui de la pole position sans se dépenser à revendiquer quoi que ce soit. Faire le paon n’entre pas dans la panoplie du flic, ceux qui l’ignorent sont des policiers de bénitier. Combien d’histoires Nerlock n’avait-il démêlées en jouant suffisamment longtemps à l’imbécile avant de ramasser la mise ! Faire le naze permet- tait à Agathe de jouir de son importance de commissaire divisionnaire, et cela ne pouvait que la mettre dans de bonnes dispositions pour d’autres agréments...

« Ces usages des mangas, tu t’en doutes, viennent du Japon, mais il semblerait que les Chinois s’y intéressent et que des Triades1 seraient de la partie.

– Chinois, Triades, mais qu’est-ce qu’ils ont à voir avec cette affaire sur laquelle tu m’as branché ? Tu m’affranchis un brin, Agathe My Blues ?

– En matière de BD, les Nippons leur dament le pion. Fondamentalement baroques, les Chinois ignorent l’art du succinct dans la narration, celui du style à la fois simplifié et dynamique dans le trait, tout comme ce sens de l’ou- trance réaliste où les Japonais règnent en maîtres. »

Elle me récite des passages surlignés dans un rapport, songea Nerlock. Il ne pouvait s’empêcher de lui en vouloir, et de s’en vouloir à lui aussi quand il constatait sur elle les effets désastreux de Ducon, de ses tailleurs et de ses coiffures qu’il adorait pourtant mettre en pétard. Continue ma poule, il y a un moment pour tout, rumina-t-il en prédateur en rut qui en rajoute pour que sa proie pavoise et abaisse sa garde.

« Ouaouh ! mais tu en connais un rayon ! Je ne te savais pas férue de mangas !

– Il y a des gens qui travaillent pour moi et qui m’en rendent compte. Je ne suis pas une louve solitaire, moi. Ces gens rencontrent d’autres gens à qui ils demandent des choses, parfois avec une certaine insistance. J’ai un rapport classé dont je te ferai parvenir des éléments en copie, mais sans te les avoir donnés, vu ? »

On est sur la même longueur d’onde tous les deux, conclut Nerlock. On s’en veut et on en veut, et c’est comme ça que ça doit finir. On prend ses marques, on se montre les crocs avant de passer au banquet véritable. Au final, on s’aime en dépit des vi- cissitudes de la vie, conclut-il, philosophe. C’était ce qu’il pen- sait, lui. Qu’en était-il d’Agathe dont la coiffure du jour affichait un look hystérique italien qui lui seyait plutôt bien ? Cela gonflait Nerlock à bloc pour qui la bandaison papa ça n’se commande pas2, et quand c’est là, c’est là....

« Il s’agirait de produire des mangas X en 3D, à destina- tion d’hommes sur le retour, si tu vois ce que je veux dire.

– Plaff ? interrogea Nerlock d’un geste figurant sans équi- voque la chute d’un organe mou de chair, autrefois dur et fier.

– Tu devines vite.

– Qu’y a-t-il d’illicite dans ce type de pratiques ? ajouta- t-il en inversant le geste avec une fermeté tendue brusque- ment vers le ciel.

– Jusque-là rien, ou presque, mises à part des bisbilles de douanes, d’importations clandestines, de non-déclarations au fisc... S’il fallait traquer toutes les sources de porno illi- cite, la Police nationale n’y suffirait pas. Et puis, c’est par- fois utile d’avoir la main sur des adeptes de pratiques interdites, non ? Certaines personnes deviennent loquaces quand on insiste pour leur éviter qu’on parle trop publiquement d’elles. Tu n’as pas la mémoire si courte, n’est-ce pas ? »

La CD évoquait la routine. On identifiait un trafic, on le suivait de loin, ou de plus près quand pour des raisons x, et parfois politiques, il devenait souhaitable d’en faire la une dans la presse, ou un entrefilet qui se proposait de de- venir grand si des circonstances particulières y contri- buaient...

« En Chine, il existe des manga sex qui se la jouent low tech en 2D sur du papier ou bien en live avec de jeunes personnes plus coutumières de la rétribution de leurs charmes que de la créativité graphique, tu me suis toujours ?

– T’es lumineuse, Agathe.

– Arrête ton char, écoute ! À la fin des époques dures et moralistes du communisme, deux dimensions suffisaient pour redonner du mordant sexuel aux vieux flasqués et autres planqués du très glorieux et adulé Parti pour se re- dorer les parties.

– Banal tout ça, qu’est-ce que cela a à voir avec cet appar- tement de la rue Voltaire où tu m’as envoyé hier ?

– Chaque pause en son temps. Avec la fièvre de l’expan- sion, les Chinois ne connaissent aucune limite, et l’énergie, dont sexuelle, c’est vital pour eux. Et ça génère du blé, tout plein de blé. Tu n’as pas oublié combien de centaines de millions ils sont ces bridés ? Des petits malins ont produit, copié et adapté des mangas X japonais pour envahir, façon industrie, le marché du dessous-pantalon. Mais les auteurs noichis3 ne parviennent pas au niveau d’universalité de leurs voisins nippons, et ça leur donne des boutons. Ils ne décollent pas d’un fatras folklorico-idélogico-historico-ma- gico-moraliste. Ils restent très schématiques, tout diable ou tout Bon Dieu, tout noir ou tout jaune, manichéens à tous crins là où les Japonais sont plus complexes et torturés. Mais tu connais cela mieux que moi, non ? »

Nerlock ne releva pas la pique. Oui, ma poule chaque chose à son tempo. Si cela te booste les neurones et les sangs de me pro- voquer, tant mieux pour toi. Calmos Nicolas, un jour tu lui di- ras ce que tu sais de ces usages criminels des mangas X mis en 3D. Pour le moment, profil bas.

« Mazette, t’es magistrale Agathe San Blues ! » (...)

– Nicolas, cette affaire va bien plus loin qu’une simple histoire de transits clandestins de BD chaudes depuis que les Chinois s’y impliquent. Paris devient un enjeu majeur, un marché expérimental du fait de sa réputation mondiale. Amsterdam a été considérée comme trop porno, Berlin pas encore capitale et trop marginale, Rome ou Madrid pas as- sez sexy, et Barcelone la Catalane trop morale. Je n’invente pas, je résume. La Ville Rose éternelle, pour l’Asie, c’est Paris. Pour les cousus de fric de la Chinese diaspora ou de leur Main Land, il y a continuité, et le business va toujours dans le sens du courant. Il ne s’agit pas seulement de satis- faire des hommes d’affaire asiatiques qui se la jouent go- guette loin de leur mère patrie. Les détenteurs de pouvoir du Lointain Occident deviennent des cœurs de cible, de préférence les anciens. Comme tu connais l’Asie, j’ai pensé que... »

Sommaire

PROLOGUE
1 - Trafalgar place Vendôme

PREMIER MOUVEMENT
2 - Appart’ désert, rue Voltaire
3 - Tai-chi qui roucoule à Belleville

4 - Un studio clandestin ?
5 - Débriefing bistronomique
6 - Manga drague métro
7 - Les venins de l’expansion
8 -
Café Manga, Première !
9 - Un Noichi en affaires à Paris

10 - L’Île Panorama
11 - Trémolos d’après bistrot
12 - Des clefs pour L’Île Panorama

13 - Autodafé manga
14 - Bar à vins à Saint-Germain

15 - Le bon hasard des choses

16 - Les doutes de la Taulière
17 - Cosplays au Sakura
18 - Raideur polarisée pour frondaison pyromane

19 - Contre-rapt en rase campagne

DEUXIÈME MOUVEMENT
20 - Zhou prend la main
21 - Nerlock sollicite Mélodie
22 - Zhou apprivoise Cindy
23 - Quand c’est clair, c’est pas chinois

24 - La leçon de Mélodie
25 -
Bodyguards en errance
26 - Réveil à la hussarde
27 - Friches françaises et capitaux chinois

28 - La Maison Poulaga a les boules

29 - Des aquarelles pour Cinderella
30 - Autour d’un thé qui aiguise le parler

31 - Trop en dire, c’est tuer
32 - Quand ça valdingue, faut rester cool

33 - Défloraison en arts plastiques

34 - Underwood face arrière

35 - Chocolat, churros et shibari

TROISIÈME MOUVEMENT
36 - Une missive dissuasive
37 - Moins ça tangue, plus ça palpe
38 - Yoshio san double la blinde
39 - Et les Chinois dans tout ça ?
40 - Piège d’amour pour un Noichi à Paris

41 - L’initiation artistique de Cindy
42 - Let’s Nique ’n’ Run
43 - Tensions dans l’arrière-cour
44 - Brise panique à Belleville
45 - Ceci est une pipe !
46 - Fleurets mouchetés et
faux-cusseries

47 - Un inspecteur sur le rasoir
48 - Agathe confesse
49 - Un haut fonc’ en convoc’
50 - Mélodie dit
pour voir
51 - Shibari à domicile

52 - Le Triomphe d’Aphrodite

53 - Agathe-la-Mise dit stop !

54 - Deus ex mangaka

ÉPILOGUE
55 - Et le soleil se lève à Narita

© Neowood Éditions, 2014

ISBN (numérique) : 9782368391129

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SITES COMPLEMENTAIRES

  • La page Chine de la Société de Stratégie
    Le numéro 26-27 de la revue Agir, intitulé « Equations chinoises » est spécifiquement consacré à la Chine. Sa sortie en librairie est prévue pour mai 2006. Voici un extrait du sommaire de ce numéro : 1. La modernisation de la Chine et le monde 2. Point de vue sur la Chine contemporaine 3. Qu'est-ce que le dirigisme asiatique ? 4. La Chine dans le monde 5. L'évolution de la diplomatie chinoise 6. Les relations régionales
  • Le jeitinho, esprit de ruse au Brésil
  • L'éternel art de la guerre
    Les managers sont unanimes : parmi les meilleurs livres de management figure un traité de stratégie d'origine chinoise, "L'art de la guerre", vieux de plus de 2 400 ans. Explications.
  • Blog Profession dirigeant (stratégie)

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