Ouvrage publié
par DUNOD

L'AUTEUR

Pierre Fayard
Pierre Fayard est professeur à l'Université de Poitiers, détaché comme Conseiller Culturel et de Coopération à l'Ambassade de France au Pérou.

20 avril 2014

LE MANDARIN ET LE SAMOURAÏ, Figures emblématiques des cultures stratégiques de Chine et du Japon

 

 

 

Au-delà du cliché, les figures du mandarin et du samouraï représentent des emblèmes des cultures stratégiques traditionnelles de la Chine continentale et du Japon insulaire. Elles distinguent entre d’une part le lettré, politique serviteur de l’État et qui gagne son rang du fait d’un mérite acquis par l’étude et l’intrigue, et d’autre part le guerrier à la dévotion absolue au clan, plus particulièrement à son chef, et dont la résolution n’a d’autre limite que la mort. Le premier a le souci du temps long et du maintien des équilibres pour assurer la pérennité de l’État, quand l’autre ne compte que sur son engagement plein et entier dans le présent. Par son raisonnement global et son souci du long terme, la culture du mandarin est stratégique alors que celle du samouraï excelle d’abord dans le tactique et l’opérationnel.

 

 

Une culture de la stratégie résulte du comment une collectivité humaine s’institue en temps qu’acteur dans son environnement et dans sa relation avec l’altérité, puis s’efforce d’assurer sa sécurité, sa pérennité et au-delà son développement. Plus tacite qu’explicite, elle est spontanément mobilisée en cas de crise, de changement ou d’impératif d’adaptation. Le critère physique constitue un premier champ de contrainte à partir duquel elle se constitue. L’espace n’a pas les mêmes effets selon qu’il se traduit sous une forme enclavée, une plaine ouverte ou un archipel.

 

Dans un monde global et ouvert où se multiplient les interactions entre acteurs différents, la conscience et l’explicitation de la particularité de sa propre culture de la stratégie et de celle des autres s’imposent. Or, si la distance d’avec sa propre culture est malaisée, la prise en compte de celles des autres en favorise la révélation par contraste. Contre toute forme de surdité et de cécité à l’égard des autres et de soi-même, c’est là une condition de l’efficacité dans la relation mais aussi d’enrichissement. Le principe du recul stratégique est fondé sur cette vision de la diversité des cultures et sur la possibilité d’analyser les modes d’action des peuples et leurs comportements stratégiques à partir des éléments de continuité de leur histoire[i].

 

 

 

Chine, Une pensée stratégique continentale

 

soucieuse de long terme

 

 

MandarinLa culture stratégique de la Chine traditionnelle est marquée par les caractères physiques et par la démographie d’un pays vaste dont l’histoire se compte en millénaires. Très tôt, elle dut composer avec la question du nombre par rapport aux ressources disponibles. Économie et harmonie s’y révèlent comme deux principes clefs. La bonne gestion des ressources pour soi et leur destruction chez l’autre, s’il est un opposant, représentent des préoccupations centrales.

 

L’histoire de l’administration de l’Empire du Milieu tourne autour de la conquête et de la préservation de l’État en temps qu’unité qui fonctionne. L’art de durer est au cœur de cette culture au point que les Chinois surent transformer le temps en espace en retournant des défaites militaires en victoires par le biais d’une sinisation des contrées d’origine de ses conquérants mongols puis mandchous. La rareté relative des biens contraste avec une grande habilité à utiliser le temps.

 

 

À l’image du jeu d’origine chinoise, le wei chi, plus connu sous son appellation japonaise de jeu de go, la maîtrise du territoire est synonyme de vie en Chine. La sécurité de la création, du maintien ou de leur expansion dépend avant tout de la solidité et de la fiabilité des communications internes entre ses éléments constitutifs. Les relations sont plus importantes que les composantes elles-mêmes. Pour Sun Tzu, la qualité des liens entre le général et ses troupes ou entre le prince et ses sujets est la meilleure des garanties de l’invincibilité. Mao Tsé Toung ne fit que reproduire cette recommandation lorsqu’il écrivait qu’avec le peuple tout est possible, mais que sans son appui on est irrémédiablement condamné à terme. Les intermédiaires constituent des articulations essentielles, des éléments pivots de la stabilité ou de la déstabilisation.

 

Pour s’assurer de l’invincibilité, le stratège s’attache à mettre en place un tissu de relations légitimes et ritualisées qui structure un ensemble cohérent et réactif. L’invincibilité ne dépend pas prioritairement de l’accumulation de moyens offensifs et défensifs, mais de la confiance qui unit un pouvoir, reconnu comme juste et légitime, avec ses sujets. Faute de quoi, ceux qui prétendent détenir la force ne sont en définitif que des tigres en papier selon les termes de Mao Tsé Toung. Une fois l’invincibilité acquise au moyen de l’harmonie intérieure et de l’excellence de l’administration, les erreurs adverses offrent des opportunités de gains ou de victoires. Plus les relations entre les composantes de l’édifice social ennemi sont défectueuses, plus il gaspille ses ressources et plus l’avantage du stratège vertueux s’affirme. Car en Chine, la vertu est stratégique !

 

 

La philosophie du yin et du yang[ii] qui voit le monde comme une transformation perpétuelle forme le soubassement de la culture de la stratégie de la Chine traditionnelle. De l’interaction constante de ces deux principes opposés et complémentaires résulte un changement incessant dont il convient de distinguer les prémices afin de s’y adapter pour en tirer profit. Or, ce n’est pas le fort en muscles qui est le mieux à même d’interpréter les signes ténus des modifications en cours ou à venir, mais bien plutôt le sage, l’homme de vertu et de connaissance qui temporise et qui agit à propos. L’intelligence du réel et des mutations en cours permet de gérer et d’agir à bon escient. Connaissant le sens des flux, c’est en les épousant que, paradoxalement, le stratège les dirige en usant de synergie et de coïncidence[iii]. En les accompagnant, il se fait l’allié de plus fort que lui, et cette soumission peut révéler une domination paradoxale et peu visible.

 

 

Ce même souci de l’économie fait dire à Sun Tzu que les armes sont des instruments de mauvais augure auxquels on ne doit recourir qu’en toute dernière limite, car l’affrontement est coûteux, hasardeux et destructif. Une contrée soumise par la force est plus difficilement contrôlable et le bénéfice en est moindre. Vaincre le ressentiment, le désir de vengeance, effacer les douleurs… tout cela est contraire à l’économie. C’est pourquoi la meilleure des stratégies ne cherche pas l’affrontement direct avec les troupes adverses ou l’assaut des places fortes, mais s’attaque aux plans de l’adversaire !

 

Le stratège qui parvient à percer les intentions de son adversaire et à en développer la connaissance, a presque déjà partie gagnée. On mesure la différence avec le grand classique occidental de la stratégie, De la guerre de Carl von Clausewitz, qui recommande d’annihiler en priorité la force organisée adverse afin de mettre l’autre en situation de ne plus pouvoir se défendre, et de ne pouvoir s’opposer à la volonté qu’on lui dicte. À l’inverse en Chine, la subtilité, voire la sensibilité, font la différence pour apprécier qualitativement le mode de fonctionnement de l’esprit adverse. L’accumulation ou l’engagement de moyens matériels n’intervient que dans un second temps.

 

 

Comme le sage, le stratège idéal est sans volonté, sans dispositions fixes et sans credo coulé dans le bronze. C’est, au contraire, sur l’image de l’eau qu’il règle son comportement. L’élément liquide n’a pas de forme déterminée, et il emprunte celle de ce qui le contient ou du terrain sur lequel il se trouve. Dans un vase il est vase, dans une cuvette il est cuvette, sur une surface plate il s’étale, dans la chaleur il est vapeur, dans le froid intense il devient glace, givre ou gelée, sur un relief accidenté ou dans une déclivité il est farouche…

 

C’est en s’adaptant aux conditions changeantes que l’eau demeure ce qu’elle est, ainsi doit-il en être de l’art de la guerre selon Sun Tzu, ou véritable caméléon selon Clausewitz. Mais l’eau est aussi potentielle du fait de la gravité. C’est pourquoi l’art du stratège consiste à en tirer le maximum d’effet par un travail de configuration des situations.

 

 Le stratège n’attend pas la victoire de ses soldats mais du contexte dans lequel il les place. Force ou faiblesse, courage ou couardise ne sont pas des qualités définitives, mais découlent des situations qui rendent forts et courageux ou l’inverse. C’est de la qualité d’un rapport de situation que découle la décision bien plus que d’un rapport numérique de forces. Manipulatrice de situations, la culture stratégique de la Chine ancienne incline à tirer profit du potentiel des circonstances en le combinant avec des desseins à long terme. Il s’agit d’une culture stratégique d’inspiration indirecte qui privilégie l’action en fonction plutôt qu’a priori et en force.

 

 

 

 

Japon, Rythme et résolution :

 

une culture marquée par le tactique et l’opérationnel

 

 

SamuraiLe Japon est un archipel éloigné du continent par une mer difficile, et ses ressources naturelles comme son espace  pour vivre et cultiver sont très limités. Si le fléau de l’inondation représente le plus grand danger en Chine, ici l’activité sismique des volcans, des tremblements de terre et des tsunamis perfusent une nature violente. Unifié, il se tourna vers la conquête extérieure après avoir largement importé de Chine et de Corée jusqu’au grand classique de L’art de la guerre de Sun Tzu.

 

Le Japon est un transformateur qui a toujours nipponisé, souvent en les optilisant, les apports et les acquisitions externes. Dans ce pays pauvre en ressources naturelles, on apprend très tôt l’interdépendance aux enfants. Ils ne sont rien sans le groupe et ils doivent s’y dévouer en donnant le meilleur d’eux-mêmes sans économiser leur peine. Les ressources humaines sont à la base de la survie et du développement de cet archipel qui singulièrement ne se considère ni d’Asie ni d’Occident, mais… japonais !

 

 

Depuis des siècles, ce dont ce peuple ne dispose pas en termes d’espace, il se le procure dans le temps au moyen de cette capacité à agir notamment dans la précision de microrythmes. Puisque l’étroitesse spatiale prive de marges de manœuvre, la solution consiste à s’en procurer dans le temps au moyen de l’anticipation fondée sur la connaissance et l’excellence pratique. La sensibilité aux conditions s’y traduit dans l’éducation de l’intuition qui donne à ressentir en amont des phénomènes manifestes. Cette perspicacité permet à tout acteur, individuel ou collectif, de se positionner et d’inscrire son action dans cet espace-futur encore libre d’occupation, moyennant le bénéfice énergétique de la justesse. « La pensée stratégique de l’Anticipation est prospective. Elle agit sur le changement et permet de restructurer la disposition des forces par la création de nouvelles armes (l’innovation), ou de nouveaux principes d’organisation (le maillage) et de renforcer la cohésion du groupe et la détermination des hommes par la création de nouvelles valeurs[iv] ».

 

 

La recherche de la maîtrise des flux et des relations découle de la réalité d’une nature insulaire où l’espace maritime incarne à la fois une protection et une vulnérabilité. Pour le Japon, la domination de l’espace intermédiaire qui le sépare du continent est stratégique et sa relation physique avec l’altérité suppose une double rupture de charge : à l’embarquement et au débarquement. Cet impératif logistique suppose l’excellence dans la maîtrise des milieux et des moyens de la communication tout comme de l’information. Le renseignement et les réseaux sont stratégiques pour l’intelligence des conditions et des circonstances autant en défensif qu’en offensif, car il y va d’un intérêt vital. Un autre effet de l’insularité repose dans la claire distinction entre ceux qui partagent l’espace nippon, et l’ensemble des autres. Il se développe chez les insulaires qui nomadisent sur les mers une mentalité souvent prédatrice à l’égard des sédentaires du continent que l’on divise pour accentuer leur vulnérabilité.

 

 

Par son origine dans la voie du guerrier (budo), la culture stratégique japonaise diffère de la culture stratégique chinoise, plus politique, et dans laquelle le souci de la durée et de l’investissement minimum prédomine. Ici, la culture stratégique se traduit dans une philosophie de l’action dans laquelle la subjectivité et le dévouement constituent des valeurs premières. « La philosophie du Hagakuré fait de l’action le moyen le plus efficace d’échapper aux limites du moi pour se plonger dans une unité plus vaste[v] ».

 

Traduction dans les faits plus qu’épreuve de vérité, le combat manifeste en plein jour qui doit vivre et qui doit disparaître. Il révèle qui est en harmonie avec l’environnement, et qui n’a pas su lire ses conditions et ne s’y est pas adapté en conséquence. Pour Yamamoto[vi], un guerrier placé devant le dilemme extrême de la vie ou de la mort, et qui songe en priorité à se sauver, ne mobilisera jamais la totalité de ses moyens. Ce souci fatal de l’économie, non seulement n’est pas pardonnable, mais en sus racornit l’action et la capacité opérationnelle. À l’inverse, penser à mourir est la condition de l’engagement total, du plus grand rendement et du dépassement de ses propres limites. Comme les Chinois, les Japonais sont à l’école perpétuelle des conditions changeantes qui s’imposent à eux et qui leur donnent l’opportunité de développer leur do, leur voie. L’entraînement sans relâche éduque la sensibilité au point de la rendre parfaite.

 

 

La notion de rythme est au centre de cette culture stratégique qui recommande de le distinguer en toutes choses et optimise ainsi l’usage de l’espace. Le rythme unit aussi le collectif, y assure l’harmonie et la coordination opérationnelle. « Il faut savoir distinguer entre le rythme ascensionnel et le rythme décadent (…) Il faut tout d’abord connaître le rythme concordant, puis comprendre quel est le rythme discordant. Il faut savoir distinguer le rythme qui sied bien, le rythme à saisir selon l’occasion et le rythme contrariant ; tous les rythmes qu’ils soient larges ou étroits, lents ou rapides sont caractéristiques de la tactique. Tout particulièrement, si l’on ne saisit pas le rythme contrariant, la tactique ne sera pas sur des bases solides[vii] ».

 

Miyamoto Musashi recommande le rythme vide, né de l’intelligence, inattendu pour l’ennemi. Pour saisir celui de l’autre, on développe une aptitude à se mettre complètement à sa place, et à vaincre ses intentions au moment même de leur naissance ! « Ayez la volonté de traverser le courant critique dans les moments de crise (…) Une fois le courant critique dépassé, on fait naître des points faibles chez l’adversaire, on prend l’initiative et on atteint une grosse partie de la victoire[viii] ». Cette volonté d’engagement permanent et sans compter, manque parfois de mesure stratégique et politique, en conduisant dans des implications non raisonnées et au-delà de l’acceptable par l’environnement.

 

 

 

 

 L’image de l’eau et des grands fleuves des intentions en actes des Chinois est préfigurée par des ruissellements imperceptibles difficilement contrôlables. Le feu de la voie japonaise du guerrier, quant à lui, est toujours précédé d’une maturation lente pour acquérir le consentement et l’énergie de chacun[ix], puis, le cap étant donné, l’engagement opérationnel est redoutable car il ne reste plus d’espace au doute ralentisseur. Mais, on s’égarerait à considérer qu’une culture de la stratégie est déterministe. Indicative de tendances et de comportements spontanés, elle permet de penser l’analyse et l’action à partir de points de vue différents et d’enrichir ainsi sa propre panoplie stratégique. Dans le cas de la Chine et du Japon, le temps joue un rôle prépondérant et cela rend les cultures stratégiques de ces pays particulièrement actuelles du fait de la prépondérance de la dimension temporelle sur la dimension spatiale dans le chantier stratégique de ce début de siècle.

 

 

 

BIBLIOGRAPHIE

 

Sur l’approche comparée des cultures de la stratégie

 

-       NADOULEK, B., L'Intelligence Stratégique, CPE Aditech, 1991, & L'épopée des civilisations. Paris : Éd. d'Organisation, 2005.

 

Sur la culture stratégique chinoise

 

-       FAYARD, P., Comprendre et appliquer Sun Tzu. 36 stratagèmes de sagesse en action. Dunod, Paris 2011. Prix « Stratégie d’Entreprise 2011 », Dirigeants Commerciaux de France, & Sun Tzu. Stratégie et séduction. Dunod, Paris 2009.

 

 

-       JULLIEN, F., Traité de l’efficacité, Grasset, Paris, 1996.

 

-       SUN TZU, L’art de la guerre (traduit et présenté par Jean Lévy), Pluriel, Paris, 2000.

 

Sur la culture stratégique japonaise :

 

-       FAYARD, P., Le réveil du samouraï. Culture et stratégie japonaises dans la société de la connaissance. Dunod, Paris 2006.

 

-       MISHIMA, Y., Le Japon moderne et l'éthique samouraï, la voie du Hagakuré, Arcades Gallimard, Paris 1985.

 

-       MUSASHI, M., Ecrit sur les cinq roues, Maisonneuve – Larose. Paris 1985.

 

Derniers livres de Pierre Fayard

 

-       L’Affaire Manga 3D. Polar numérique. NeoWood, Paris 2014.

 

-       La force du paradoxe. En faire une stratégie ? avec Eric Blondeau. Paris : Dunod 2014.

 

 

Notes :

 


[i] Bernard Nadoulek, L’intelligence stratégique.

[ii] Voir Yi Jing, Le livre des changements.

[iii] Voir François Jullien, Traité de l’efficacité.

[iv] Bernard Nadoulek, op.cit.

[v] Yukio Mishima.

[vi] Hagakuré

[vii] Idem.

[viii] Nous avons eu l’occasion de mettre en relief cette pratique dans le concept japonais de technoglobalisme et les programmes qui s’ensuivirent. Pressé par les Occidentaux d’ouvrir son marché et d’assurer, financièrement, ses responsabilités de grande puissance économique au niveau international, le Japon menacé par un techno-nationalisme qui aurait gelé et freiné les échanges scientifiques, technologiques et commerciaux dont il dépendait, développa cette initiative du technoglobalisme qui prit de court les intentions agressives et contraignantes des Occidentaux en les plaçant devant les cornes d’un dilemme dans l’acceptation du Général Sherman. Soit les Occidentaux collaboraient à des programmes internationaux volontaires en vue de contribuer à la solution des problèmes majeurs de la planète : le non-développement et la pollution, et… ils maintenaient ouverts leurs marchés et mettaient à disposition leurs capacités de recherche et développement. Ou bien, il refusaient et se dénonçaient aux yeux de l’ensemble des pays « en voie » de développement comme de fichus hypocrites qui refusaient d’accorder leurs paroles et déclarations d’intention en faveur du développement… et leurs actes. Sur ce sujet, voir la thèse de Nicolas Moinet (bibliographie) et les articles que nous avons publiés ensemble (idem).

[ix] Voir le nemawashi.

 

 

19 avril 2014

Lire un chapitre en ligne de "L'AFFAIRE MANGA 3D" : http://www.livredelire.com/l-affaire-manga-3d-pierre-fayard/#comment-1596

31 mars 2014

ART, CULTURES ET STRATÉGIES SONT DANS UN POL'ART...

Annonce L'Affaire Manga 3D

21 février 2014

TROIS STRATÉGIES POUR ROMPRE AVEC NOS LOFIQUES INFERNALES

http://www.paperblog.fr/7013439/force-du-paradoxe-3-strategies-pour-rompre-avec-nos-logiques-infernales/

 

18 février 2014

LA FORCE DU PARADOXE. En faire une stratégie ?

IMAGE COUVERTUREPierre Fayard & Éric Blondeau

SOMMAIRE

Introduction: Le paradoxe, un Janus qui ouvre l'esprit ou qui le ferme.

ILLUSIONS
1. Roméo & Juliette dix ans plus tard.
2. Silence on coule, mais "moi-je" suis.
3. Tétanisé par l'enjeu à en oublier le jeu.

OBSESSIONS
4. L'amour en "-e" ou l'art futile de la séducTIC.
5. La carte maîtresse du Capitaine Bastos O'Long.
6. J'ai cherché partout, il n'y a rien pour moi.
7. Ariane Dufil défie Minos Le Taure.
8. Auto-psy ça suffit, dans une heure je saute.

PEURS
9. L'art de la tangence.
10. Vaincre en se désarmant.
11. Séduction ? La stratégie du miroir.
12. Peur au pouvoir dans l'entreprise.
13. At'tension! Legs des p(l)eurs au dernier des vivants.

Conclusion: En faire une stratégie?
http://www.dunod.com/entreprise-gestion/essais-et-documents-en-economie-et-entreprise/essais-et-documents-en-entreprise/la-force-du-paradoxe

15 janvier 2014

LA FORCE DU PARADOXE. En faire une stratégie ?

 

Février 2014, 264 pages, Dunod
EAN13 : 9782100705771

Grand public transversal motivé. Décideurs à titre professionnel ou personnel.

Pourquoi les meilleures intentions produisent-elles des effets opposés? Pourquoi des équipes autrefois soudées implosent-elles? Pourquoi des idéaux de liberté donnent-ils naissance à des dictatures? Pourquoi rester tétanisé devant nos propres choix? Pourquoi sommes-nous les meilleurs artisans de nos échecs? Cela relève de paradoxes !

Pour rompre avec ces logiques infernales, ce livre révèle des mécanismes paradoxaux à travers 13 histoires qui invitent à s'interroger sur nos vies personnelles et professionnelles.

La force du paradoxe enferme en se nourrissant des obsessions, des illusions et des peurs de l'ego. Mais elle peut aussi, grâce à un questionnement adapté, procurer des avantages en innovant avec intelligence et impertinence, en rupture avec les normes établies.

Faire du paradoxe une stratégie repense l'action au-delà de ce qu'on a l'habitude d'accepter comme fatal, et crée des opportunités qui dépassent les limites où l'on voudrait se cantonner.

Sommaire Introduction: Le paradoxe, un Janus qui ouvre l'esprit ou qui le ferme. Illusions.  Roméo & Juliette dix ans plus tard.  Silence on coule, mais "moi-je" suis. Tétanisé par l'enjeu à en oublier le jeu. Obsessions. L'amour en "-e" ou l'art futile de la séducTIC. La carte maîtresse du Capitaine Bastos O'Long. J'ai cherché partout, il n'y a rien pour moi. Ariane Dufil défie Minos Le Taure. Auto-psy ça suffit, dans une heure je saute. Peurs. L'art de la tangence. Vaincre en se désarmant. Séduction? La stratégie du miroir. Peur au pouvoir dans l'entreprise. At'tension! Legs des p(l)eurs au dernier des vivants. Conclusion: En faire une stratégie?

Biographie des auteurs
Pierre Fayard - Professeur des universités à l’Institut d’Administration des Entreprises de Poitiers, il a passé huit ans dans la coopération internationale au Brésil et au Pérou. Auteur d’ouvrages sur les cultures stratégiques chinoise et japonaise, de nouvelles et d’un roman policier, il est ceinture noire 4e dan d’aïkido. 
Eric Blondeau - Spécialiste des mécanismes comportementaux et décisionnels. Il accompagne de grands groupes dans leurs retournements stratégiques et la gestion de crise, coache des sportifs de haut niveau, prépare des diplomates sur des postes à risques, et conseille les cellules de négociation des troupes d'élites de plusieurs pays.

 

22 octobre 2013

AWÉLÉ, GO & ÉCHECS, une contribution sur la pensée stratégique africaine

AweleLe champ de graines sur le plateau du Songo souffle les pétales de nos cultures dans ce qu’elles ont de noble, et sont ainsi le moteur de notre réelle modernité.

Serge Mbarga Owona

 

 

D’aucuns s’accordent à reconnaître l’existence de trois grands jeux emblématiques de stratégie de par le monde. Géographiquement, ces trois mouvances englobent l’Asie avec le wei ch’i d’origine chinoise mieux connu sous son appellation japonaise de go, les échecs qui bien que d’origine indienne se sont surtout développés en Occident, et un troisième méconnu dont le berceau est en Afrique sous une multiplicité de noms, dont celui de Songo au Congo, et parmi lesquels nous retiendrons awélé, ou le jeu des semailles. Cette mouvance, qui couvre l’Afrique s’étend sur une partie du Moyen Orient et jusqu’en Mongolie. Elle est aussi présente dans les Caraïbes. Physiquement, ces jeux se déroulent sur des plateaux où deux joueurs placent, ou déplacent, des pions et pièces (échecs), pierres (go) ou graines (awélé). Attachons-nous à ce que la nature de ces plateaux implique dans le déroulé du jeu et la mise en œuvre de stratégies et de tactiques.

 

EchecsL’échiquier contient soixante-quatre cases dans lesquels se déplacent des pièces de valeurs et capacités différentes. Les pions, fous, tours, chevaux, reines et rois se déplacent différemment en occupant les cases, mais une fois que le roi adverse est tombé, la partie est finie indépendamment du rapport stratégique des forces. Le vainqueur peut être numériquement très inférieur et l’emporter par un échec et mat. Au début d’une partie d’échecs, l’intégralité du potentiel de jeu est visible et disponible pour les mouvements. Traditionnellement, les joueurs se disputent l’occupation du centre de l’échiquier qui permet de s’assurer une position offensive et défensive en même temps. S’installer au centre moyennant une bonne connexion avec ses arrières, exclut de fait la possibilité de l’adversaire à faire de même. La maitrise du centre représente un enjeu intermédiaire avant l’échec au roi.

GobanSur le go-ban, ce ne sont pas des cases que les pierres (fixes) occupent, mais les intersections constituées par les dix-neuf lignes verticales et dix-neuf horizontales. Ce qui fait l’intérêt d’une intersection, ce sont les connexions qu’elles permettent avec leurs marges de liberté, ou bien d’enfermement. On parle de collections de pierres lorsque celles-ci reliées dans une continuité qui enserre et défend un territoire constitué d’intersections vides, non occupées. Alors que le joueur d’échecs fait le vide dans le potentiel adverse pour atteindre le cœur névralgique du roi, celui go s’efforce d’acquérir du vide, et c’est la différence quantitative d’intersections protégées qui désigne le vainqueur. C’est l’adéquation, ou non, avec le terrain qui fait la force et la faiblesse d’un soldat, écrit Sun Tzu, pas sa valeur a priori, ou en soi, indépendamment des circonstances où il se trouve.

 

Pour ceux qui ignorent les règles du jeu de go, il est une astuce très simple pour les deviner à partir de celles, plus connues, des échecs, tant elles prennent le contrepied les unes des autres. Si aux échecs, l’entame revient aux Blancs, c’est donc Noir qui lance la partie au go car en Asie la nuit précède le jour comme on cite dans l’ordre le yin (féminin) avant le yang (masculin), et non pas le jour et(puis) la nuit, les plus et les moins, les forces et les faiblesses... Si l’ensemble du potentiel des joueurs est visible et disponible sur l’échiquier, le go-ban est initialement vide car les pierres sont introduites une à une en alternance par chacun en commençant par les bords plus faciles à défendre, moyennant une progression lente vers le centre (…). En termes de stratégie, les échecs procèdent plus d’une modalité directe quand le go est d’inspiration directe, mais qu’en est-il de l’awélé ?

Le terrain de l’awélé est à trois dimensions et un seul sens de circulation. Généralement, il est constitué de deux rangées de six creux dans lesquelles se trouvent en début de partie quarante-huit graines également réparties quatre par quatre dans chacun d’eux. Le principe de ce jeu des semailles consiste à trouver les bonnes configurations et bonnes circulations pour planter des graines là et quand il le faut pour pouvoir récolter ensuite mieux que son adversaire. Point de roi (centre névralgique) ennemi à détruire où d’espaces vides à circoncire pour maitriser, mais de faire circuler des graines que rien ne différencie, pour moissonner dans le camp adverse, soit la rangée opposée des six creux. Chacun à son tour, chaque joueur vide l’un des creux qui est de son coté et les sème ses graines une à une successivement dans les trous en sens inverse au mouvement des aiguilles d’une montre. Si, en face, la dernière des graines plantées crée la somme de deux  ou de trois, ces graines sont retirées et il en va de même si le creux précédent affiche le même nombre, et cela jusqu’au dernier creux de la rangée adverse. La répartition des richesses varie dans un système fini.

Aux échecs, les morts au champ d’honneur, soit les pions et les pièces pris, disparaissent corps et âme. Au go, à la rare exception d’une prise de pierres, celles-ci étayent, connectent et défendent les territoires inoccupés, et lancent des offensives qui bloquent et handicapent la structuration des territoires adverses. La prise de possession par la réticulation est douce, ce qui ne l’empêche pas d’être redoutable, comme si le joueur de go s’effrayait d’une visibilité qui s’offre à des contres foudroyants. Plus la progression est insensible et illisible, moins l’adversaire sera à même d’en faire un point d’appui pour ses contres.

***

L’Awélé véhicule un principe moral surprenant pour un jeu de stratégie. Il interdit de mettre l’autre joueur sur la paille, soit dans la situation de ne plus pouvoir jouer du fait d’une absence de graines dans son camp/champ. Si le terrain adverse n’est plus occupé/cultivé, la possibilité d’y réaliser des gains devient impossible. Il n’y a rien à gagner d’un adversaire affamé, d’où cette limite à ne pas franchir. Pour prendre (encore) il faut donner car les graines qui sont dans le camp d’un joueur n’y sont que de passage, on les sème chez l’autre, mais on ne peut les récolter chez soi. Le profit se réalise toujours dans le camp d’en face. Ainsi en va-t-il d’un potentiel qui doit être actualisé, engagé et risqué pour devenir rentable (peut-être). À ce principe, ajoutons que passé un certain seuil, trop de potentiel accumulé dans ce que l’on appelle un grenier (forte accumulation de graine dans un creux) se révèle contre-productif. Dans l’obligation de le vider, la circulation de toutes ses graines peut favoriser une fantastique récolte par l’adversaire. Ce principe de modération incite à l’action en temps voulu et en deçà d’un seuil.

On ne se surprendra guère que dans ce jeu au berceau africain, le temps et le rythme l’emportent sur l’espace. Comme son nom l’indique, ce jeu de circulation est cyclique, et les meilleurs moissonneurs sont ceux qui savent compter et configurer des circonstances favorables. À l’instar du jeu de go où l’on ne cherche pas à empêcher l’adversaire de se constituer des territoires, le joueur d’awélé n’interdit pas à l’autre de récolter. À l’inverse du jeu d’échecs où la victoire est absolue une fois le roi pris, elle est relative pour se constituer des territoires plus vastes et plus profitables (go), ou des récoltes plus abondantes que l’autre (awélé). Travailler à la fertilité du champ adverse ne relève qu’à première vue du paradoxe car c’est le gage de son enrichissement à soi. Les plus lents en rythmes et moins clairvoyants en cycles sont dominés, mais jamais au point d’être affamés. Il n’est de forteresses à l’awélé, qu’elles soient constituées par un dispositif de pions et de pièces comme aux échecs, ou de collections de pierres comme au go. On ne cherche pas à exclure, mais à mieux profiter chez l’autre sans pour autant le ruiner tout à fait.

Dans l’awélé, les capacités de calcul, de réflexion, de concentration, mais aussi de patience dans la relation, l’accumulation et l’offensive, sont des vertus cardinales. L’objectif consiste à rendre le champ de l’adversaire fertile, tout en assurant simultanément et en défensive, la stérilité offensive du sien. Comme dans le jeu de go, on ne joue pas contre l’autre, mais nécessairement avec, voire plus encore, en coopération. Pour empêcher les récoltes chez soi, il importe que nos cases/creux s’épaulent en défensive les unes les autres pour ne pas offrir à l’adversaire des occasions de récolte. C’est donc l’art circulatoire qui fait ici la richesse quand c’est la maitrise de l’espace vide qui fait celle du go, et la mort du roi d’en face qui consacre la victoire sur l’échiquier.

***

Il est symptomatique de constater que les principes du jeu d’awélé coïncident particulièrement avec les manières de créer la richesse sur internet. Tant qu’elles n’ont pas été récoltées, les graines/potentiels circulent. Le joueur d’échecs joue contre l’autre, celui du go avec l’autre dans l’espace qu’il réticule, celui de l’awélé joue lui aussi avec dans le rythme et le soucis des cycles qui le feront gagner (ou perdre). Son, adversaire n’est pas un ennemi mais un défi à son intelligence, un challenge pour le cultivateur et commerçant qu’il incarne. Il ne s’agit pas ici de débarrasser le plancher pour enlever ce qui encombre afin d’y imposer un ordre, de faire le vide en simplifiant, en ôtant et détruisant les forces/obstacles adverses de sorte de rendre l’autre incapable de se défendre. Privé de ses moyens armés, un adversaire est dans l’obligation d’accepter les termes de la volonté que le vainqueur impose (Clausewitz). Le joueur de go s’appuie sur les mouvements de  l’autre mais pour mieux faire que lui, tout en s’efforçant de maintenir ses progressions dans l’invisible pour vaincre en secret (Sun Tzu). Abandonner quelques récoltes mineures pour s’en assurer d’abondantes, est le nord magnétique de l’awélé où la seule limite des gains est la survie du partenaire car sa famine l’empêcherait d’entretenir le terrain où récolter.

Dans ce cas de figure, l’autre est une utilité bien plus qu’un adversaire, et c’est son ignorance et sa lenteur qui le rendront fertile pour le joueur d’awélé. La mentalité de razzia n’est pas étrangère à cette philosophie de jeu où le prédateur nomade du désert attend que les sédentaires s’engraissent et engrangent pour intervenir à point nommé, à la bonne époque et avec le bon rythme pour s’approprier des richesses jusqu’à une certaine limite, avec justesse, sans dépasser le seuil au-delà duquel les abeilles ne passeraient pas l’hiver, ou que les survivantes seraient dans l’incapacité de transformer en miel l’éclosion des fleurs du printemps. Le cycle aurait été rendu stérile. Pour s’enrichir, nous avons besoin des autres, c’est une loi élémentaire du commerce. Mais celle-ci n’est-elle plus que jamais d’actualité dans les logiques en ligne des réseaux et des circulations planétaires ? Quelle partition gagnante possible pour le joueur d’awélé face à celui colonisateur du go qui s’y taille des espaces protégés ? Le temps contre l’espace, le rythme contre les forteresses interconnectées, a-t-il une chance de fonder des politiques souveraines et indépendantes après que le cycle dominant des joueurs d’échecs ?

20 octobre 2013

Stratagème n° 16 - RENFORCER POUR AFFAIBLIR

Lâcher pour saisir / La volonté de l'adversaire comme la meilleure alliée / Laisser courir pour mieux saisir / L'action paradoxale. Duper en se servant du mode de penser de l'adversaire, il devient l'ôtage de sa propre illusion (prov. chinois).

D'après la fable brésilienne « O Pulo do Gato », le bond (miraculeux) du chat.

Avant de détruire, il faut construire ; avant d’affaiblir, il faut consolider ; avant de prendre, il faut donner ; avant d’attaquer, il faut laisser partir. 

Lao Tseu (Tao Te King).

Chat qui sauteUn puissant jaguar règne en maitre sur un vaste territoire qu’aucun autre félidé ne vient lui disputer car il les a tous éliminés. Ombre au tableau de cette domination sans partage, un vulgaire chat sauvage échappe systématiquement aux traquenards et aux attaques du jaguar qui ne parvient pas à éliminer ce misérable rival. Un jour pourtant, le chat est acculé sans possibilité de fuite, et donc de survie. Savourant sa victoire, le jaguar s’apprête à lui porter un coup fatal qui en terminera avec ce prétentieux qui défiait son pouvoir. Mais plutôt qu’implorer ou de se débattre, le chat sauvage salue bravement la performance tout en maintenant une posture de défi.

-           - Bravo, tu as réussi, qu’il concède, mais avoue que mes ruses innombrables t’ont mené la vie dure, et ce que tu as pu découvrir à tes dépends n’est rien au regard de la profondeur et de l’étendu de mon savoir et de mes expédients.

Le jaguar convient que le savoir-faire de ce microbe lui a donné du fil à retordre. Malin, malin et demi, il se ravise.

-          - Enseigne-moi tout de ton art, qu’il lui déclare, et ta vie sera sauve, mais hors de mon territoire où tu auras une vie paisible et n’entendras jamais parler de moi.

Le chat a-t-il le choix ? Assurément non. Ainsi est dit, ainsi est fait, et le prisonnier transmet à son geôlier par le détail ses roués stratagèmes, ses astuces, ses trucs et ses techniques pour se tirer d’affaire dans les pires situations. Le jaguar apprend vite, et un jour estimant avoir tout intégré, il décide d’en finir une bonne fois pour toutes. Dorénavant, en sus de sa force physique, il n’est plus de secret pour lui. Je suis omnipotent maintenant, pense-t-il. Mais alors qu’il s’apprête à expédier le chat sauvage dans l’autre monde sans espoir de retour, le chat effectue un bond miraculeux qui le met définitivement hors de portée des griffes de son geôlier. Fou de rage de s’être fait berner, le jaguar proteste.

    - Fourbe que tu es, tu ne m’as pas tout appris, tu m’as trompé !

    - Fallait-il que je t’enseigne aussi à me tuer, raille le chat du haut de son inaccessible abri ?

Le jaguar a beau tout essayer et puiser dans tout le savoir enseigné, le chat sauvage, qui en sus a eu l’occasion de l’observer de très près, en sait autant que lui pour décevoir ses attaques. Abusé par la conviction que rien ne pouvait plus lui échapper ou défier sa puissance, le jaguar s’est endormi sur ses lauriers, et cela a créé une situation favorable pour une initiative surprise et créative du chat sauvage qui, par son enseignement, a rendu prévisible le comportement du jaguar. Le paradoxe veut qu’en le rendant encore plus fort qu’il ne l’était, il en devienne vulnérable ! Sachant exactement ce qu’il devait éviter, le chat joua à contretemps dans la sécurité du non-savoir et de la prétention d’un jaguar intoxiqué par la somme de ses connaissances. Ses certitudes profondément ancrées le rendirent sourd et aveugle à toute alternative non conforme pour lui.

6a0120a6b046cd970c019affbd65f7970d-120wiCette ruse du chat sauvage enseigne que dans un rapport de force écrasant à son désavantage, il peut être astucieux de ne pas résister mais d’en abandonner plus pour enivrer, et rendre prévisible, son adversaire. Une fois celui-ci suffisamment arrêté et figé dans des conceptions et des modalités d’action qu’il considère comme finies et limitées, le moment est propice pour tirer son épingle du jeu par un bond miraculeux salvateur pour le dominé. Au Brésil, ce jeitinho (ruse) a pour nom O pulo do Gato !

15 octobre 2013

WIN WITH WHAT IS LOST - 36 Chinese Strategies

Stratagem n°33, Oct. 15th

FotoGrande_2863Use the enemy’s spies to sow discord in his camp / Use spies to create advantages / Discord your enemy to undermine his ability. There is no situation in which a spy can't be used (Sun Tzu). This stratagem shows how to get an advantage with what is lost. Once discovered, eliminating a spy because he is working for an opponent, or competitor, might be a short term strategy, and passionate defensive reaction. Accordingly, they’ll have to recruit new ones and it twill take time and enegy to unmask them. That’s why it might be more profitable to use him/she as a precious channel to influence and misinform the other camp which would truct him blindly. A spy can be aware to be double, or ignorant about it. In a conflict, or rough compétition, each one tries hard to enquire about the real intentions, capacities and means of the stakeholders committed in the race. It is not beacause the other ones are opponent that it is impossibible to make work its means on our advantage. The cunning strategist knows that an opponent can contribute to his own success without knowing he is. The treason does not turn useless an agent, it is only the modalities to use that change.

14 octobre 2013

CHAOS CREATES HEROS - 36 Chinese Strategies

Stratagem n°20, Oct. 14th

STSSMuddle the water to seize the fish / Fishing in trouble waters / Confuse your enemy then attack unexpectedly / Sow discord to take profit of it / To control your enemy, just leave nature doing the job (Chinese prov.). Confuse your enemy with unusual moves, then, act by surprise. Each time an organization breaks down; it opens the way to brand new deals. There is always the opportunity to profit at this point. When to consider a confused situation from an orthodox point of view leads to failure. When time is lacking and the usual logics produce disastrous effects, to plan is of no help. When environment becomes too vague and troubled, it is unless to require clarity. You may take advantage of the confusion to define a new order, which will be imperative when clouds will have disappeared. Uncertainty is more favourable to the creative persons than for those who rest on smooth and no-accident establishments. For ambitious people, it means the opportunity of getting close to decision-makers in an easier way. When there is nothing good to expect from a usual functioning, disturbing the situation is strategically astute. 

SITES COMPLEMENTAIRES

  • La page Chine de la Société de Stratégie
    Le numéro 26-27 de la revue Agir, intitulé « Equations chinoises » est spécifiquement consacré à la Chine. Sa sortie en librairie est prévue pour mai 2006. Voici un extrait du sommaire de ce numéro : 1. La modernisation de la Chine et le monde 2. Point de vue sur la Chine contemporaine 3. Qu'est-ce que le dirigisme asiatique ? 4. La Chine dans le monde 5. L'évolution de la diplomatie chinoise 6. Les relations régionales
  • Le jeitinho, esprit de ruse au Brésil
  • L'éternel art de la guerre
    Les managers sont unanimes : parmi les meilleurs livres de management figure un traité de stratégie d'origine chinoise, "L'art de la guerre", vieux de plus de 2 400 ans. Explications.
  • Blog Profession dirigeant (stratégie)

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